A l’Assemblée nationale, les Insoumis veulent changer de stratégie. Les troupes de Jean-Luc Mélenchon semblent vouloir passer de la « bordélisation » et de « l’hystérisation » permanentes à un degré de contestation à peine inférieur, que l’on pourrait appeler la « conflictualisation ».
Certes, nous sommes encore très loin d’une forme de « discrétion » ou de « co-construction ». Mais nous sommes peut-être en train d’assister au début du commencement d’un semblant de mini-contrition – la prudence est de mise.
Le point de départ de ce léger changement d’attitude remonte aux semaines qui ont suivi le 7 octobre, et l’attaque terroriste du Hamas contre Israël.
C’est depuis ce jour que LFI a décidé de rompre avec les valeurs républicaines les plus élémentaires pour flatter on ne sait quel communautarisme malsain ou servir un clientélisme électoral dangereux. Or, une fois qu’on a touché le fond, il n’est jamais interdit de donner un tout petit coup de talon, juste pour voir ce que cela peut donner.
Un changement encore cantonné aux couloirs de l’Assemblée nationale
Pour l’instant, cette amorce de changement se réduit à l’hémicycle. Il n’y a guère que dans les travées de l’Assemblée que l’on peut croiser Mathilde Panot en train de jouer les médiatrices ou que l’on peut voir Louis Boyard passer pour un modéré.
Car dès lors qu’une caméra s’allume ou qu’un micro se tend, les Insoumis renouent avec ce qu’ils savent faire de mieux : l’outrance, la provocation, et l’injure.
La question est désormais de savoir si cette accalmie de certains mélenchonistes est liée à une forme de fatigue après douze mois d’une année où ils ont semé le chaos partout où ils sont passés ; ou s’il s’agit d’une véritable prise de conscience qui va se traduire par une attitude à peine plus responsable en 2024.
Les Insoumis chutent drastiquement dans les sondages
Sur les bancs du Palais Bourbon, chaque camp a un avis sur la question et peu de parlementaires parient sur la deuxième option. Même s’ils disent pis que pendre des sondages, les Insoumis voient bien qu’ils ont pris le toboggan dans les enquêtes d’opinion. Et ce au profit de leur meilleur ennemi, le Parti socialiste, dont la liste menée par Raphaël Glucksmann est créditée de 10% d’intentions de vote aux élections européennes, loin devant LFI.
Bien que le scrutin soit traditionnellement plus favorable aux partis de gouvernement qu’aux mouvements protestataires, la menace d’une inversion du rapport de force à gauche a malgré tout sonné comme une claque pour La France Insoumise.
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Une douche froide même, qui oblige les mélenchonistes à mettre de l’eau dans leur vin. Sans quoi, ils se savent condamnés à l’isolement, autour d’un noyau dur toujours plus resserré et radicalisé.
Arthur Berdah
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