« Ce ne sont pas les patrons qui demandent massivement de l’immigration, c’est l’économie » assure le président du Medef Patrick Martin

ELIOT BLONDET-POOL/SIPA

La commission mixte paritaire, qui réunit des députés et des sénateurs pour trouver un compromis sur le projet de loi immigration, a été suspendue dans la nuit de lundi à mardi. Au cœur de ce débat sur le texte porté par Gérald Darmanin, le patron du Medef Patrick Martin trouve « extrêmement désolant » que son syndicat n’ait pas été consulté par les partis politiques.

Les débats s’éternisent à l’Assemblée nationale sur le projet de loi immigration qui fait l’actualité depuis plusieurs mois. « Nous attendons que cette situation atterrisse » déclare le président du Medef Patrick Martin au micro de David Abiker.

Si les dirigeants des entreprises qui composent l’organisation patronale « ont bien sûr un avis sur le plan politique et sociétal », le président du syndicat estime n’être « légitime que sur le champ économique ».

Le président du Medef veut objectiver le débat

Patrick Martin dit s’intéresser d’abord à la « démographie », une « science exacte » présentant des « tendances lourdes ». Il déplore que le débat ne se soit « pas interrogé sur l’essentiel », comme la question de savoir si « nous aurons besoin ou non de main-d’œuvre immigrée légale à partir de 2036 ».

Selon l’Insee, la population active française devrait commencer à baisser à partir de cette année-là. « Or, nous avons des régimes sociaux, comme les retraites, l’assurance chômage ou la santé, qui sont assis sur les revenus du travail, et donc sur l’emploi » explique Patrick Martin.

Il y a dans le secteur de l’aide à la personne « d’ores et déjà d’énormes tensions de recrutement ». D’ici à 2030, ce sont 800 000 postes qui devront être pourvus dans ce segment. « Dans les pays nordiques où le débat a été posé objectivement, ce ne sont pas les patrons qui demandent massivement de l’immigration, c’est l’économie » insiste le patron du Medef.

Un besoin de 3 900 000 salariés étrangers d’ici à 2050

La tendance plus globale en France montre selon les chiffres de l’Ined que, « d’ici à 2050, sauf à réinventer notre modèle économique et social, nous aurions besoin de 3 900 000 salariés étrangers », hors de l’Union Européenne puisque « tous les pays de l’UE sont confrontés au même problème démographique ».

Patrick Martin souligne le rôle important du Medef qui « s’emploie à poser ces débats au risque de prendre des coups », mais surtout à « raisonner » des discussions qu’il estime moins « passionnelles » dans d’autres pays occidentaux.

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Malgré cette volonté d’apaisement du débat sur l’immigration, le patron du Medef déplore de « ne pas avoir été consulté par les partis politiques » : « je trouve cela extrêmement désolant ».

Paul Cassedanne

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