Après le vote de la loi immigration, l’aile gauche de la majorité fait une crise de nerfs

Chang Martin/SIPA

L’aile gauche de la majorité est en crise de nerfs parce que la nouvelle loi immigration ne serait pas compatible avec ses valeurs. Ces membres dissidents de la macronie commencent à exaspérer jusqu’au sommet de l’État.

Hier, le président de la République a procédé à un recadrage en règle dans le huis clos du Conseil des ministres. Avec la mine des mauvais jours, il a invité tout le monde à garder la tête froide. « J’ai entendu les esprits s’échauffer mais nous sommes en majorité relative » a-t-il expliqué. « Ce texte est le fruit d’un compromis avec des choses sérieuses et des choses que je n’aime pas, mais qui ne sont pas contre nos valeurs ».

Autour de la table, il ne manque que le ministre de la Santé Aurélien Rousseau qui a démissionné, mais d’autres, comme Clément Beaune, Roland Lescure, Patrice Vergriete ou encore Sylvie Retailleau, qui avaient fait savoir qu’ils feraient de même si le texte passait, sont pourtant là, dans le salon des ambassadeurs.

Ces ministres qui n’ont pas démissionné regardent-ils leurs chaussures ? « Est-ce qu’on entre dans un monde cryptofasciste ? » demande le président. « Non, penser cela, c’est la dissolution des esprits. Ceux qui doutent et qui n’ont jamais vraiment mené de combat n’ont pas de leçon à donner ».

Une aile gauche qui commence à irriter le président

Son aile gauche commence clairement à démanger le président. S’il n’avait pas voulu la ménager, il aurait moins facilement perdu l’ascendant dans les négociations avec la droite. « Maintenant qu’on réussit quand même à atterrir avec deux moteurs en feu et une dépressurisation, si les passagers pouvaient se contenter d’applaudir, on s’en porterait mieux » balance un proche, exaspéré.

S’il y a effectivement eu une véritable démission d’un ministre, celle d’Aurélien Rousseau, le problème réside dans le fait que les Français connaissent surtout Jean-Jacques, et beaucoup moins Aurélien… Les ministres issus de la gauche ont toujours peiné à prendre la lumière. L’ex-ministre de la Santé n’échappe pas à la règle.

Bruno Le Maire, Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu sont parmi les rares ministres connus du gouvernement. Quant à Gabriel Attal, il avait certes travaillé pour des socialistes, mais il épouse aujourd’hui une ligne sur l’école que Les Républicains pourraient soutenir sans problème.

Un plan de table révélateur des rapports de force

A l’Assemblée nationale, que fait cette aile gauche ? Comment est-elle organisée ? Un ténor macroniste fait remarquer le plan de table des fameux dîners politiques d’Emmanuel Macron, où les grandes questions se tranchent et les crises se règlent.

« Il y a les patrons des trois partis et les présidents de groupe. Il n’y a pas de représentants de l’aile gauche ; or Macron ne respecte que le rapport de force, elle en est de fait exclue » développe-t-il.

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Pour avoir une place à table, il y aurait une solution simple : créer un groupe à l’Assemblée nationale. Pour cela, il ne faut que deux ingrédients : 15 députés minimum, un nombre largement dépassé par l’aile gauche le jour du vote sur la loi immigration. Le second ingrédient est le courage politique. De cela, elle a régulièrement manqué depuis 2017.

David Doukhan

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