Européennes 2024 : « Les partis modérés sont en grande difficulté » explique le politologue Dominique Reynié

NICOLAS MESSYASZ/SIPA

A l’approche des prochaines élections européennes qui auront lieu du 6 au 9 juin 2024, la liste du Rassemblement National menée par Jordan Bardella est pour le moment largement en tête selon les derniers sondages. Le politologue Dominique Reynié, invité de la matinale de Radio Classique ce jeudi, estime que la montée d’un « populisme de droite » en Europe est très « préoccupante ».

La prochaine échéance électorale majeure qui rassemblera une grande partie des citoyens du Vieux Continent se tiendra dans 6 mois, presque jour pour jour.

La domination de l’extrême droite se dessine nettement dans le dernier sondage OpinionWay pour Les Echos-Radio Classique : le Rassemblement National y est crédité de 27% des intentions de vote en France.

Pour Dominique Reynié, directeur général de la Fondapol (Fondation pour l’innovation politique), au-delà des conséquences politiques à l’échelle nationale que pourraient avoir les résultats du prochain scrutin, la « dimension européenne » des enjeux de cet événement reste la plus « préoccupante ».

Régulation de l’immigration en Europe : une « lenteur invraisemblable »

« Partout en Europe, l’on observe une droitisation des Européens très impressionnante, qui va très vite vers des mouvements de droite populistes » constate le politologue. « Un populisme de gauche se développe également mais c’est largement [son pendant] de droite qui a le vent en poupe ».

La conséquence de la montée en puissance de tels partis se manifeste chez les « partis modérés qui sont en grande difficulté », et « pourraient probablement ne plus cogérer les affaires européennes, le Parlement en particulier, comme ils le font depuis 1979 ».

Pour Dominique Reynié, malgré le lancement de nombreuses « pistes » pour rendre l’Europe plus « efficace », celle-ci « ne va pas assez vite » sur de nombreux chantiers. Il prend notamment l’exemple de la « régulation de l’immigration » : « je ne comprends pas cette espèce de lenteur invraisemblable. C’est une course de vitesse. Aujourd’hui, les forces anti-européennes vont très vite et les éléments de réponse sont assez évidents : il faut défendre des frontières communes si l’on ne veut pas de frontières nationales ».

Le retour d’un « clivage gauche-droite »

En France, une « droitisation » de la société s’observe également, bien que le pays ait toujours été « très à droite » historiquement selon Dominique Reynié. Ainsi, le macronisme et la fin du « clivage gauche-droite » qu’il visait « arrivent aujourd’hui en bout de course ». La majorité présidentielle est aujourd’hui « aimantée par une France de droite ».

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Selon le politologue invité de François Geffrier, la France, « depuis 30-40 ans, n’a pas trouvé une classe politique pour le gouverner conformément à ce qu’elle est : c’est un pays à droite gouverné par des élites plutôt à gauche ». Pour Dominique Reynié, la même lecture de la scène politique peut s’appliquer à l’échelle de l’Europe.

Paul Cassedanne

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