C’est l’hypothèse qui a le vent en poupe en ce moment : celle d’un remplacement au poste de Premier ministre d’Elisabeth Borne par le ministre des Armées Sébastien Lecornu. Une piste crédible, dans la mesure où l’on sait qu’Emmanuel Macron veut changer de locataire à Matignon.
Le ministre des Armées est devenu une pièce essentielle du dispositif Macron : il a occupé quatre postes différents depuis 2017. Sébastien Lecornu s’est vu confier des missions complexes : la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, et la loi de programmation militaire, qu’il a fait voter à une très large majorité, même avec les voix du Parti communiste.
Il est rond avec les oppositions, rodé au jeu parlementaire, a été maire, président de département et sénateur. A 38 ans, il est paradoxalement un politique à l’ancienne et sait notamment parler à la droite car c’est un ancien membre de l’UMP (Union pour un mouvement populaire).
Emmanuel Macron lui doit l’idée du grand débat pendant les Gilets jaunes. De là est née entre les deux hommes une confiance, telle que le 24 avril 2022, Sébastien Lecornu fait partie des « happy few » présents dans le bureau du chef de l’Etat au moment des résultats de l’élection présidentielle.
Lecornu, un profil qui ne hâterait pas la course à la succession à Emmanuel Macron
Pourtant, l’actuel ministre des Armées n’a aucune visée pour la prochaine élection en 2027, et il s’agit de son meilleur atout. « Le rêve de Lecornu, depuis toujours, c’est de présider le Sénat ou d’être ministre régalien, ce qu’il est », dit l’un de ses proches.
Autrement dit, Emmanuel Macron propulserait à Matignon un profil qui ne viendrait pas accélérer la course à la succession du chef de l’Etat, avec Edouard Philippe, Bruno Le Maire, et Gérald Darmanin. Même qualité, sur ce point, qu’Elisabeth Borne.
Le remaniement, un jeu politique ardu qui tire parfois en longueur
Reste à savoir si l’hypothèse Lecornu – qui est appuyée par les macronistes historiques – deviendra réalité. En matière de remaniement, les jeux politiques sont complexes, longs, et s’enlisent parfois.
Lorsqu’un nom commence à sortir dans la presse, le président de la République s’agace et parfois change de plans. Nous l’avions vu en 2022 avec la Rémoise Catherine Vautrin, qui tenait la corde pour Matignon jusqu’au dernier moment, avant d’être coiffée au poteau par Elisabeth Borne.
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Marcelo Wesfreid
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