Daniel Barenboim

Né de deux parents pianistes le 15 novembre 1942, Daniel Barenboim a très vite témoigné de dispositions exceptionnelles et donné son premier concert à l’âge de sept ans dans sa ville natale de Buenos Aires. Peu après, sa famille s’établit en  Israël tandis qu’il multiplie voyages (Londres, Salzbourg…) et rencontres, notamment avec Wilhelm Furtwängler, qui écrit : « A onze ans, Daniel Barenboim est déjà un phénomène. » Il se perfectionne auprès du légendaire pianiste suisse Edwin Fischer, mais aussi d’Igor Markevitch, pour la direction d’orchestre, et de Nadia Boulanger pour la composition, à Paris. Au début des années soixante, il joue les 32 Sonates pour piano de Beethoven et enregistre ses 5 Concertos sous la direction d’Otto Klemperer… son aîné de 57 ans ! Avec cet illustre vétéran, il grave également le 25e Concerto pour piano de Mozart, dont il réalise bientôt l’intégrale en dirigeant lui-même du clavier l’English Chamber Orchestra (référence indémodable, EMI). C’est une période heureuse, où Barenboim joue de la musique de chambre en compagnie de son épouse la violoncelliste Jacqueline Du Pré (plus tard atteinte par la sclérose en plaques), ses amis violonistes Itzhak Perlman et Pinchas Zukerman, ou bien encore Zubin Mehta, volontiers contrebassiste ainsi qu’en témoigne un fameux film de Nupen sur l’approche la plus conviviale du Quintette « La Truite » de Schubert.

Après avoir dirigé des opéras de Mozart à Edimbourg, Barenboim remplace Sir Georg Solti en 1975 à la tête de l’Orchestre de Paris, où il reste jusqu’en 1989, non sans avoir créé un chœur attenant confié à Arthur Oldham et considérablement diversifié son répertoire, des symphonie postromantiques (Bruckner) à la musique contemporaine (Boulez). Régulièrement convié au Festival de Bayreuth à partir de 1981, il succède de nouveau à Solti en 1991, prenant la direction du Symphonique de Chicago jusqu’en 2006, tout en dirigeant toujours davantage à Berlin, l’opéra (Staatsoper) comme l’orchestre qui lui est lié (Staatskapelle) dont il est nommé « Directeur musical à vie » en 2000. C’est aussi à Berlin qu’il redonne en été 2005 les Sonates pour piano de Beethoven en Masterclasses (DVD EMI). En collaboration avec le regretté écrivain Edward Saïd, il fonde le « West-Eastern Divan Orchestra » (référence à Goethe) qui rassemble de jeunes musiciens d’Israël et du Moyen-Orient, merveilleux vecteur de la paix pour laquelle Barenboim milite sans relâche.Francis Drésel, directeur de la programmation musicale de Radio Classique.