Les Beatles à la Philharmonie de Paris : du Quatuor Debussy à Keren Ann, en passant par Brad Mehldau

Ils sont séparés depuis 50 ans, mais leur musique vibre toujours: la Philharmonie de Paris va vivre le week-end prochain au rythme des Beatles, revisités par Keren Ann, Rover, Brad Mehldau ou le Quatuor Debussy. Soit deux figures de la pop musique, un jazzman aventurier et des musiciens classiques eux aussi sans frontières.

 

Pour Christophe Collette, « dans 50 ans les Beatles seront toujours d’actualité »

« Ils ont commencé il y a 60 ans, se sont arrêtés il y a 50 ans, et leur musique a traversé les décennies sans aucun problèmeDans 50 ans, les Beatles seront toujours d’actualité, ça confirme que ce sont des génies », raconte Christophe Collette, 1er violon du Quatuor Debussy, qui ajoute  « On est un quatuor à cordes et on rend hommage au plus célèbre quatuor anglais ».

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Pour Keren Ann, les Beatles font « partie des meubles. Ado, j’étais obsédée par John, puis j’ai réalisé l’importance de Paul et George ». Mais jusqu’ici, elle s’était bien gardée de décortiquer leurs progressions harmoniques. « Ça a été un plaisir fou, j’ai eu la confirmation de l’intelligence de leurs compositions, de tous ces renversements d’accords, souligne-t-elle. En très peu de temps, ils ont créé une bible musicale ». Keren Ann, au chant et à la guitare, accompagnée par un pianiste et un trompettiste, racontera « des anecdotes sur les Beatles entre les chansons » choisies.

L’album « Beatles Go Baroque » s’est vendu à des centaines de milliers d’exemplaires

« On avait l’impression d’un nouveau groupe pour chacun de leur album », vante Rover (alias de Timothée Régnier). Ce grand fan de Bach et surtout des Beatles s’était déjà attaqué à l’album mythique « Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band » mais jouera cette fois l’album « Revolver ». « Je vais le jouer tout seul, pour rester sur l’os de la musique. De toute façon il était inutile de rentrer en concurrence avec les Beatles (rires). Il faut y aller nu et humble ».

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Même constat pour Christophe Collette du Quatuor Debussy: « On ne va pas faire les Beatles comme eux le faisaient, ce serait peine perdue ». L’ensemble lyonnais jouera seul ou avec un orchestre de chambre, retranscrivant les Beatles de façon littérale ou en s’inspirant de Peter Breiner. Ce compositeur-chef d’orchestre slovaque qui avait atteint les sommets des ventes avec son album dans lequel John, Paul, George et Ringo sonnaient comme Bach, Corelli, Haendel ou Vivaldi.

Le Quatuor Debussy accompagnait Keren Ann lors de son dernier concert en mars

Le week-end Beatles (19/20 septembre) tombe « à un moment lunaire », comme le dit Keren Ann, en raison du contexte sanitaire. Pour la Philharmonie de Paris, en pleine zone rouge, les contraintes sont établies: un siège sur deux sauf couples ou groupes constitués, masques obligatoires pour le public, gel hydroalcoolique aux entrées, pas de vestiaire. Les artistes feront deux représentations au lieu d’une pour contenter un maximum de spectateurs. « Cette période exacerbe le sentiment de légèreté qui se dégage de la musique des Beatles », explique Rover. Clin d’œil de l’histoire, Keren Ann et le Quatuor Debussy étaient ensemble sur scène – les cordes des seconds accompagnant l’autrice-compositrice – pour leur dernier concert pré-confinement. C’était le 12 mars à Enghien-les-Bains (95). « C’est important de faire vivre la culture », souffle la musicienne en contemplant les 6 mois sans concert écoulés. « C’est une période difficile et pleine d’espoir, on a tous besoin de retrouver la scène, les artistes et le public », rebondit Christophe Collette.

Philippe Gault (avec AFP)

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