Evgeny Kissin à Carnegie Hall le 30 septembre 1990

En 1988, un jeune homme de 17 ans à l’épaisse tignasse et au visage angélique crève les écrans du monde entier en interprétant le Premier Concerto pour piano de Tchaïkovsky sous le regard paterne d’Herbert von Karajan (qui pleura en l’entendant jouer la Fantaisie de Chopin) : l’astre Evgeny Kissin était lancé… mais il n’aura rien d’une étoile filante !

 

Evgeny Kissin a dépassé le statut d’enfant prodige, et a reçu une reconnaissance internationale jamais démentie

Respecté par ses pairs, capable de galvaniser les foules à l’image de cette mémorable Standing ovation que lui réserva le public chaleureux des Proms le 10 août 1997 (la plus longue série de bis depuis l’origine de la manifestation londonienne), le pianiste russe parvint à surmonter les périls de l’enfant prodige pour atteindre un niveau de reconnaissance internationale jamais démenti. Le récital 30 septembre 1990 voit les débuts de Kissin aux Etats-Unis, trois ans après s’être produit à Tokyo où figurait déjà au programme la Sonate pour piano n° 6 de Prokofiev. La fulgurance, découlant d’une technique d’acier acquise à l’Institut Gnessin de Moscou, lui permet de transcender tous les répertoires.

 

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C’est avec Schumann (Variations Abegg et les Etudes symphoniques) que le pianiste de 19 ans inaugurait ce récital avant d’offrir au public les friandises dont il raffole comme une valse de Chopin ou une Etude de Liszt. Réputée pour son extrême difficulté, la Rhapsodie espagnole trouve sous les doigts du prodige russe une interprétation à la fois parfaite digitalement et d’une belle évocation. En guise de complément, Francis Drésel nous propose notamment le Concerto pour piano n° 1 de Tchaïkovsky, enregistré pour Deutsche Grammophone avec Herbert von Karajan et le Philharmonique de Berlin.

 

Jérémie Bigorie

 

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