Un an après avoir pris sa retraite professionnelle, Edita Gruberova est morte à l’âge de 74 ans ce lundi 18 octobre chez elle à Zurich des suites d’une blessure à la tête accidentelle selon son agent. « La reine de la colorature » aura marqué l’histoire du chant lyrique pendant plus de 50 ans et surtout l’Opéra de Vienne, sa 2e maison, où elle chanta à plus de 700 reprises.
Edita Gruberova a débuté sur scène en 1968 dans Le Barbier de Séville
Il y a un peu plus d’un an, mi-septembre 2020, Edita Gruberova annonçait qu’elle mettait un terme à son immense carrière et annulait le récital qu’elle devait donner trois semaines plus tard à Florence. Une carrière que la soprano colorature, née en décembre 1946, avait débutée à Bratislava, sa ville natale, en 1968 dans Le Barbier de Séville de Gioacchino Rossini.
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Une présence sur les plus grandes scènes qui dura plus de 50 ans et l’amena à chanter les grands rôles du répertoire sous la direction des meilleurs chefs d’orchestre du monde d’Herbert von Karajan à Karl Böhm en passant par avec Alain Lombard, Bernard Haitink ou Nikolaus Harnoncourt. Une vie consacrée à l’opéra qu’elle chanta jusqu’en 2019 et son ultime prestation dans Roberto Devereux de Gaetano Donizetti à Munich avant de se consacrer à des récitals et à l’animation de master-classes.
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— Wiener Staatsoper (@WrStaatsoper) October 18, 2021
Karl Böhm : « Mon Dieu, si seulement Strauss avait entendu votre Zerbinetta ! »
Mais c’est à l’Opéra de Vienne où elle débuta en 1970 dans La Flûte enchantée de Wolfgang Amadeus Mozart, qu’elle se fit remarquer et où elle triomphera tout au long de sa carrière, notamment dans ce rôle de La Reine de la nuit qu’elle interprétera à plus de 70 reprises avec le Wiener Staatsoper. Incomparable également dans Ariadne auf Naxos de Richard Strauss qui fit dire à Karl Böhm, qui la dirigea en 1976 pour sa première prise de ce rôle à Vienne : « Mon Dieu, si seulement Strauss avait entendu votre Zerbinetta ! ».
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Dans un communiqué, Bogdan Rošcic, le directeur général de l’Opéra de Vienne, a rendu hommage à la grande cantatrice : « Edita Gruberova a toujours considéré l’Opéra de Vienne comme son foyer artistique, son lieu de naissance, son Olympe (…) Comme personne d’autre, Gruberova n’était pas seulement une légende, mais elle a aussi laissé son empreinte sur cette maison et sur l’histoire de ses représentations dans plus de 700 spectacles ». Edita Gruberova a fait sa dernière apparition dans un opéra (Anna Bolena de Donizetti) sur la scène de la Haus am Ring à Vienne le 23 octobre 2015 et pour un concert de gala en juin 2018. Le Wiener Staatsoper dont la façade a été illuminée d’un « RIP EDITA » la nuit dernière.
Philippe Gault