Soupçons de corruption au Parlement européen, le Qatar accusé : Un scandale historique secoue l’institution

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Une vaste affaire de corruption venant du Qatar éclabousse plusieurs membres du Parlement européen, notamment la vice-présidente Eva Kaili. Pour se relever de ce scandale, l’institution traque maintenant les coupables.

Récemment, Eva Kaili avait défendu le Qatar, « chef de file » du droit du travail

C’est un scandale historique qui secoue le Parlement européen : ce week-end, la socialiste grecque Eva Kaili, vice-présidente de l’institution, a été arrêtée pour corruption dans une affaire d’influences provenant du Qatar, alors que la Coupe du monde se tient en ce moment à Doha. Les policiers belges ont même retrouvé des « sacs » contenant 600.000 euros en liquide chez Pier-Antonio Panzeri, ex-eurodéputé socialiste italien. Plusieurs autres eurodéputés socialistes et assistants parlementaires sont visés par cette enquête sur ce vaste schéma de corruption. C’est toute l’institution qui est dévastée. « Je n’en reviens pas. Nous sommes tous très choqués », commente l’eurodéputé Renaissance Pierre Karleskind. « Ça m’avait étonné le mois dernier : les socialistes avaient voté contre une résolution qui condamnait les violations des droits de l’Homme au Qatar. Je crains maintenant comprendre ». Eva Kaili avait en effet affirmé que l’émirat était « un chef de file en matière de droit du travail ».

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« Tout le monde tremble » au Parlement européen

Un vent de suspicion généralisée déferle maintenant sur les bancs du Parlement européen. « Aujourd’hui c’est le Qatar, demain ça pourrait être la Russie« , souffle l’eurodéputé, avec les yeux tournés vers l’extrême droite. « Ce n’est que le début, tout le monde tremble ici », confirme un fin connaisseur de l’institution : « il y a une dérive, une perméabilité des eurodéputés face aux influences extérieures. Parfois je vois des amendements qui sont directement rédigés par Google, Facebook ou le Pentagone ». Avant de conclure : « il va falloir nettoyer les écuries d’Augias ! ». Cet après-midi, dans une séance qui promet d’être très tendue, plusieurs eurodéputés vont demander de rouvrir tous les dossiers suivis par leurs collègues soupçonnés de corruption… et surtout que l’on retire son mandat à la vice-présidente du Parlement européen. Hasard du calendrier, les eurodéputés devaient aujourd’hui discuter du projet de faciliter les visas pour l’Europe aux Qataris. Le débat sur cette mesure sera, selon nos informations, reporté.

Laurie-Anne Toulemont

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