Kim Jong-Un, le leader nord-coréen, a menacé mercredi d’anéantir la Corée du Sud, qu’il qualifie de « principal ennemi », et promet de renforcer la dissuasion nucléaire. Un brusque durcissement de ton qui montre les aspirations au chaos sans limite du dictateur.
Le régime de Pyongyang s’est beaucoup enhardi depuis que la Russie s’est portée acquéreuse de munitions auprès de la Corée du Nord.
En échange des livraisons d’obus de 152 mm, que les forces russes consomment en masse pour pilonner les positions ukrainiennes, Kim Jong-Un a exigé de Moscou des transferts de technologie et des armements sophistiqués.
De quoi nourrir sans aucun doute l’arrogance du leader nord-coréen, qui n’avait pas besoin de cela.
Pyongyang veut obtenir un soutien militaire encore plus appuyé de la part de la Russie
En novembre dernier, la Corée du Sud a pu identifier des signes de fourniture à la Russie de missiles balistiques d’une portée de 450 kilomètres, ainsi que des indices de la livraison d’un million d’obus de la Corée du Nord au pays de Poutine.
Préalablement, les Américains avaient de leur côté détecté une intensification sans précédent du trafic ferroviaire entre les deux pays, soit plus de mille conteneurs d’armes et de munitions qui avaient pris le chemin de la Russie. En échange, les Nord-coréens ont reçu des équipements dont ils ne pouvaient même pas rêver : pour preuve, Pyongyang a réussi à mettre en orbite un satellite espion à la fin de l’année 2023.
Les Etats-Unis estiment que la dictature cherche à obtenir une aide militaire encore plus substantielle de la Russie, qui inclurait « un avion de chasse, des missiles sol-air, des véhicules blindés, des équipements ou matériaux de production de missiles balistiques et d’autres technologies avancées ».
Des transactions qui vont à l’encontre de nombreuses sanctions de l’ONU
Les Etats-Unis, la Corée du Sud, ou encore le Japon, accusent Pyongyang de violer des sanctions internationales.
Les transactions d’armes entre le régime nord-coréen et Moscou vont à l’encontre de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, dont certaines ont été votées par la Russie elle-même.
John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale des Etats-Unis, a confirmé à plusieurs reprises ces lourds soupçons.
Renchérir pour être remarqué des autres régimes autoritaires
Une question se pose : pourquoi Kim Jong-Un menace-t-il Séoul d’un anéantissement nucléaire ? C’est une manière pour lui de changer de statut et d’être pris en considération par les grandes puissances illibérales, notamment la Chine, vis-à-vis de laquelle la Corée du Nord était en situation de mendicité jusqu’ici.
L’an dernier, le régime dictatorial a officialisé le caractère irréversible de son statut de puissance nucléaire dans sa Constitution et a tiré plusieurs missiles balistiques intercontinentaux, encore une fois en violation des résolutions de l’ONU.
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Cette année, les menaces d’anéantissement de la Corée du Sud ont pour but de permettre à Kim Jong-Un de monter d’une marche sur le podium si peu enviable des dictatures.
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