Corée du Sud : Un robot dirige pour le 1ère fois un concert à Séoul

Crédit : ntok.go.kr

Un robot a fait ses grands débuts comme chef d’orchestre le 30 juin à Séoul lors d’un concert à guichets fermés, au cours duquel il a dirigé plus de soixante musiciens de l’Orchestre national de Corée, devant un public conquis.

Vendredi 30 juin, EveR 6, un robot d’1m80, a guidé les musiciens de l’Orchestre national de Corée (NTOK), officiant seul pendant une partie du concert donné au Grand Théâtre Haeoreum de Séoul puis avec l’assistance de Choi Soo-yeol, un chef d’orchestre en chair et en os, pendant une demi-heure.

Surgi d’un ascenseur sous la scène, EveR 6 s’est tourné vers le public avant de faire une révérence, sous les vivats des quelques 950 spectateurs présents. Tout au long de sa performance, le robot, baguette à la main, a braqué sur les musiciens ses yeux bleus, sans ciller en remuant la tête au rythme de la musique.

« Je suis venu ici en me demandant si un robot pourrait s’en sortir sans un bug. Mais, j’ai trouvé qu’il était en harmonie parfaite avec les musiciens. C’était un tout nouveau monde pour moi »,  a déclaré Kim Ji-min, étudiant de 19 ans en musique.

EveR 6 a été programmé pour reproduire les mouvements d’un vrai chef d’orchestre grâce à la technologie de la « motion capture »

Des concerts avaient déjà été dirigés par des robots ailleurs dans le monde, notamment en Italie en 2017 avec le robot YuMi et au Japon avec Alter 2 en 2018, mais c’était une grande première en Corée du Sud, où ce EveR 6 a été conçu.

Développé par l’Institut de la technologie industrielle de Corée (KITECH), ce robot a été programmé pour répliquer les mouvements d’un vrai chef d’orchestre grâce à la technologie de la « motion capture », qui enregistre les positions et rotations humaines via des capteurs.

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Le robot n’est toutefois pas capable d’entendre ou d’improviser en temps réel. Ses développeurs sont en train de travailler afin que le robot puisse à terme accomplir des gestes qui ne sont pas programmés à l’avance, a assuré Lee Dong-wook, l’ingénieur qui l’a créé.

La capacité d’improviser et de communiquer avec des musiciens en temps réel représenterait une énorme avancée, a estimé Song Joo-ho, un chroniqueur musical qui a assisté au concert. Le robot « doit pouvoir improviser en temps réel quand les musiciens font une erreur ou quand quelque chose se passe de travers », a-t-il estimé.

Philippe Gault (avec AFP)

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