Le chanteur lyrique Paata Burchuladze, arrêté en octobre 2025 après une manifestation contre le régime géorgien, a été condamné à sept ans de prison par un tribunal de Tbilissi. Le Royal Opera House de Londres et le Théâtre de la Monnaie de Bruxelles appellent à sa libération.
Activiste engagé dans la lutte contre le régime géorgien au sein du parti « Avenue Rustaveli » qu’il a fondé à la fin de sa carrière sur scène en 2016 , Paata Burchuladze a été interpellé au début du mois d’octobre à la suite d’une manifestation qui avait dégénéré à Tbilissi. Depuis, le chanteur de 71 ans était détenu en prison. La semaine dernière il a été condamné à sept ans de prison.
Avec 9 autres personnes inculpées, Paata Burchuladze était jugé pour s’être rendu coupable de « tentative de coup d’État ». À l’issue de l’audience des prévenus au tribunal municipal de Tbilissi, Paata Burchuladze a été inculpé pour « tentative de prise de contrôle ou de blocage d’installations stratégiques et particulièrement importantes, commise en groupe », d’« organisation et direction de violences collectives » et d’« incitation à modifier l’ordre constitutionnel de la Géorgie par la violence ».
🚨The court issued verdicts in the October 4 case.
Those arrested on charges of organizing: Paata Burchuladze, Murtaz Zodelava, Irakli Nadiradze, Paata Manjgaladze, and Lasha Beridze were each sentenced to seven years in prison.
— PUBLIKA (@Publika_ge) May 7, 2026
Après le prononcé du jugement, Paata Burchuladze a déclaré qu’il n’avait « rien à justifier » et restait convaincu d’être « dans la bonne voie car La Géorgie ne se rendra jamais. Le peuple est sage et patriote », mais a estimé que cette condamnation était équivalente à la perpétuité compte tenu de son âge.
Le ministère des Affaires étrangères britannique suit de près l’évolution de la situation
Le Royal Opera House de Londres où le chanteur géorgien s’est souvent produit depuis 1984 n’a pas tardé à réagir. Dans un courrier, Peter Katona, le directeur de casting de l’institution de Covent Garden, a alerté le Premier ministre britannique sur le fait que « Les accusations portées contre M. Burchuladze sont entièrement fabriquées de toutes pièces et illégales. Il est persécuté uniquement en raison de sa position critique à l’égard du régime en place ».
Keir Starmer n’a pas répondu, mais, selon The Guardian, le ministère des Affaires étrangères a déclaré qu’il suivait de près l’évolution de la situation.
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À Bruxelles, Christina Scheppelmann, directrice artistique générale du théâtre royal de la Monnaie, a elle aussi interpellé le premier ministre belge pour lui signifier qu’Il est évident que « Paata Burchuladze ne peut bénéficier d’un procès équitable. Comme d’autres détenus politiques, ses droits fondamentaux sont bafoués et il est puni à titre d’exemple pour dissuader quiconque oserait s’opposer au régime ».
Philippe Gault
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