« Il Boemo » : Qui est ce compositeur de génie, ami de Mozart et tombé dans l’oubli ?

Il Boemo dresse le portrait élégant et savoureux d’un compositeur du XVIIIème siècle tombé dans l’oubli, Josef Myslivecek. Une manière pour le réalisateur tchèque Petr Vaclav de rendre hommage à l’un des compositeurs les plus acclamés d’Italie où il fit toute sa carrière.

Le nom de Josef Myslivecek ne vous évoque sûrement pas grand-chose. Pour des férus de sciences et de découvertes, le nom d’un astéroïde mis au jour en 1999 et, pour les meilleurs musicologues, celui d’un compositeur de génie, fils d’un meunier de Prague.

Il est mis à l’honneur dans un film de Petr Vaclav. Celui-ci n’en est pas à son coup d’essai. Le réalisateur tchèque lui avait déjà consacré un beau documentaire, Confessions d’un disparu, en 2015.

Josef Myslivecek peaufine son art à Venise

En réalité, nous savons peu de choses sur Josef Myslivecek, né en 1737 à Prague en Bohème, d’où son surnom d’Il Boemo (« celui qui vient de Bohême »). C’est dans la correspondance avec son ami Mozart, qui l’admirait, que se trouve le seul portrait de Myslivecek.

En dépit d’une carrière de meunier qui lui semble promise, Josef sait qu’un autre destin l’attend. Violoniste remarquable, il se tourne très vite vers la musique et laisse l’entreprise familiale à son frère jumeau Jachym.

A l’âge de 27 ans, Josef Myslivecek quitte l’Empire austro-hongrois en pleine Guerre de Sept Ans pour rejoindre le berceau artistique italien, sous la houlette du mécène culturel, le comte Vincent von Waldstein, à Venise. Enrôlé par le compositeur Giovanni Battista Pescetti, Josef Myslivecek peaufine son art. « Il est né à Prague mais l’artiste est né en Italie », précise le réalisateur Vaclav.

« Le divin tchèque » et la rencontre avec Mozart

Son premier opéra Semiramide (1766) lui permet de se faire connaître, au point d’être surnommé Il divino Boemo (« le divin tchèque ») par l’ensemble de la Péninsule. Un succès qui se concrétise par une liaison avec une femme de la cour vénitienne qui l’introduit dans les hautes sphères de la société. Ferdinand IV, roi de Naples, lui commande en 1770 un opéra, Il Bellerofonte.

Sa réputation dépasse désormais les frontières et Myslivecek rencontre le jeune prodige Wolfgang Amadeus Mozart, à peine âgé de 14 ans, à l’Accademia Filarmonica de Bologne, où il officie. Son influence sur la musique de Mozart est telle que l’écrivain Ludwig von Kochel attribuera par erreur l’oratorio Abramo ed Isacco à Mozart. Pendant une dizaine d’années, Josef Myslivecek est au faîte de la gloire et le film de Petr Vaclav retrace cette ascension fulgurante.

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Compositeur prolifique avec plus de 30 opéras composés, le Tchèque voit son état de santé se dégrader à la fin de l’année 1777. Il contracte une maladie vénérienne, probablement la syphilis, lors d’un voyage à Munich à l’invitation du duc Maximilen Ier. De retour à Rome, Josef Myslivecek meurt quatre ans plus tard, dans la souffrance et la précarité, en 1781, à 43 ans. Une mort à l’image de sa carrière : fulgurante et brutale.

Oscar Korbosli

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