Le grand violoncelliste Yo-Yo Ma est à l’initiative du court métrage du réalisateur bhoutanais Pawo Choyning Dorji présenté ce week-end au festival de Telluride. À travers le périple himalayen du musicien sino-américain, A Song for the Snow Lion aborde les questions du réchauffement climatique et du recul des glaciers.
Le festival de Telluride (Colorado) n’a pas la renommée de ceux de Cannes, Venise ou Berlin. Pourtant, un grand nombre de films qui y sont présentés en exclusivité chaque été depuis 1974 sont devenus des candidats majeurs aux Oscars, et ont remporté de grands succès. La particularité de ce festival est qu’il n’y a pas de palmarès et que sa programmation est gardée secrète jusqu’à son jour d’ouverture.
Ce week-end y a été projeté le nouveau court-métrage de Pawo Choyning Dorji, déjà nommé aux Oscars en 2022. Inspiré d’un conte populaire, A Song for the Snow Lion raconte en 21 minutes l’histoire des lions des neiges, gardiens mythiques des montagnes, censés habiter les lieux où subsistent encore les glaciers.
Ce n’était pourtant pas l’idée initiale de Yo-Yo Ma, à l’origine du projet. Le violoncelliste américain avait demandé au réalisateur bhoutanais de réaliser dans son pays un clip, autour du thème du réchauffement climatique et du recul des glaciers himalayens.
Malgré le mal des montagnes, Yo-Yo Ma est allé au bout de son projet
Dans ce court-métrage, Yo-Yo Ma entreprend un voyage au cœur de la communauté isolée de Lunana, un des villages les plus reculés du Bhoutan.
Là, il découvre comment ce conte populaire ancestral rappelle aux habitants leur lien avec la nature, et entre humains, ainsi que l’interdépendance de ces deux éléments. Un tournage compliqué qui a conduit l’équipe de production à plus de 5500 mètres d’altitude, dans une vallée accessible uniquement après 14 jours de marche et dans des conditions climatiques peu favorables.
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Interrogé par le magazine Variety, Yo-Yo Ma a reconnu avoir souffert du mal de l’altitude pendant le tournage. Il a néanmoins pu enregistrer un morceau, entouré de sommets enneigés et accompagné par la chanteuse folklorique bhoutanaise Kelden Lhamo.
« Ce fut une expérience bouleversante de jouer et de partager du temps avec l’équipe à cette altitude, en contemplant les lacs glaciaires et en imaginant la puissance torrentielle de leurs eaux », a confié le violoncelliste de 70 ans.
Triste concours de circonstances, le film de Pawo Choyning Dorji est présenté alors que le Népal, pays voisin du Bhoutan, pleure des milliers de morts et de disparus après les dramatiques inondations qui ont touché le nord du pays fin août.
Très touché par cette catastrophe, Yo-Yo Ma a déclaré : « Cette tragédie nous rappelle les enjeux, pour la région et pour le monde, et nous met en garde contre la capacité destructrice terrifiante de la nature ».
Philippe Gault
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