Le développement des plateformes numériques de téléchargement et l’essor des ventes en ligne font du mal au commerce traditionnel de vente de disques. À Bruxelles, La Boite à Musique, le derniers des grands disquaires spécialisés dans la musique classique et le jazz, a fermé ses portes cet été mais va poursuivre son activité principalement en ligne.
Confrontés à la concurrence des sites de vente en ligne et des plateformes de streaming et à l’évolution des modes de consommation, de plus en plus de magasins de musique sont contraints de fermer boutique et/ou diversifier leurs activités. Après Paris, Londres et Vienne, c’est à Bruxelles qu’une telle institution, La Boite à Musique, a dû fermer ses portes pour se concentrer sur le développement de ses activités en ligne.
Idéalement située, au 74 Coudenberg entre deux temples de la musique bruxellois, le Musée des instruments de musique et le Palais des Beaux-Arts (Bozar), La Boite à Musique était le dernier disquaire de la capitale belge spécialisé dans la musique classique et le jazz. Créé il y a plus de cinquante ans, le magasin dispose d’un catalogue de près de 100.000 références, produit deux label de musique classique (Pavane et Musica Ficta) et bénéficie de la certification de « Fournisseur breveté de la Cour de Belgique » depuis 1994, en reconnaissance de la qualité de son service.
« Cette décision reflète l’évolution profonde et durable du marché du disque »
Sur son site, l’enseigne met en avant l’évolution des habitudes de consommation, particulièrement depuis la crise du Covid . “Cette décision reflète l’évolution profonde et durable du marché du disque que nous observons depuis plusieurs années. Les habitudes d’achat changent, tandis que notre activité en ligne connaît un développement constant, tant en Belgique qu’à l’international », précise l’annonce de fermeture de la boutique.
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Dans un entretien accordé au quotidien belge L’Écho, Bertrand de Wouters d’Oplinter, le propriétaire de La Boite à Musique, ajoute : « Notre site fonctionne de mieux en mieux et nous allons le développer. La fin du magasin est sans doute une grande frustration pour nombre de nos clients, mais nous n’avons pas le choix. C’est une réalité économique ».
« Les grandes plateformes de vente en ligne sont de véritables fourre-tout. On y est complètement perdu »
Le dirigeant de l’entreprise espère compenser en partie la perte de revenus du magasin par les économies que sa fermeture permettra de réaliser notamment en frais de personnel et de logistique. Il pense que l’activité en ligne de La Boite à Musique se démarquera des grandes plateformes de vente en ligne par la qualité de son référencement et les conseils personnalisés.
Le problème c’est que ces 10 dernières années, on a fait passer le vinyle pour un produit premium. https://t.co/RIKXbmCRkO
— Trakse (@trakse1904) September 4, 2026
Pour Bertrand de Wouters d’Oplinter « Ces plateformes sont de grand fourre-tout. Si vous ne savez pas précisément ce que vous souhaitez, vous êtes complètement perdus. Cherchez une symphonie de Beethoven et voyez le résultat. Vous aurez tout et n’importe quoi, et même encore des cassettes ou des VHS. Ce qui n’est évidemment pas le cas chez nous ».
Philippe Gault
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