Du cirque à l’empire : l’incroyable destin de l’impératrice Théodora en 6 anecdotes

MARY EVANS / SIPA

Au VIe siècle, la comédienne Théodora, élevée dans les arènes de Constantinople, devient impératrice de l’Empire romain d’Orient.

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1 – Théodora grandit dans l’hippodrome de Constantinople

500 m de long, 200 m de large et 100.000 spectateurs. C’est dans ce décor gigantesque, au cœur de l’hippodrome de Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient, que Théodora vit ses premières années.

Son père, mort quand elle avait 3 ans, était montreur d’ours. Dans les gradins, avec sa sœur, elle jongle, enchaîne les acrobaties, fait rire les gens.

2 – Comédienne, danseuse, Théodora devient la protégée d’un magistrat

Chassées du cirque, Théodora et sa sœur Comito deviennent comédiennes, puis danseuses comme leur mère. Elle ne danse pas très bien, mais elle est belle et gracieuse. Procope, historien byzantin de l’époque, avance dans son Histoire secrète de Justinien qu’elle aurait vendu ses charmes : « avec sans cesse de nouvelles inventions amoureuses, elle parvenait constamment à se soumettre les âmes des débauchés ».

À 16 ans, un magistrat, Hékébolos, la prend sous sa protection. Il est gouverneur à Apollonia, en Libye actuelle. A ses côtés, elle se familiarise avec la politique, l’administration, la diplomatie

3 – Alexandrie, l’instruction et le retour à Constantinople

Quand ce protecteur la met à la porte, Théodora se retrouve isolée. Elle est secourue par l’Eglise d’Apollonia, les prêtres l’envoient suivre une instruction religieuse à Alexandrie.

En 520, le patriarche Timothée IV, va lui faire enseigner la lecture, l’écriture, la philosophie. Elle, qui était jongleuse et fille de montreur d’ours, par son intelligence et par sa finesse, va faire de cette instruction une arme. Aidée par une amie influente qui s’appelle Macedonia – la Mata Hari de l’époque – elle rentre à Constantinople avec une lettre de recommandation pour trouver un nouvel emploi, au palais de l’empereur de Byzance.

4 – La rencontre avec Justinien

Grâce à la lettre de Macedonia, elle rencontre le consul Justinien, 39 ans. C’est un jeune homme brillant, ambitieux, menant une vie tout à fait ascétique. Il n’est pas encore marié.

Il tombe sous le charme de Théodora. Non seulement il est ébloui par sa beauté, mais il apprécie sa culture. Et il est charmé par son intelligence. Justinien voit en elle une volonté hors du commun, une énergie qui mène loin. Lorsqu’il annonce qu’il veut l’épouser, c’est le scandale.

5 – Théodora a soutenu des lois novatrices en matière de droits des femmes

Justinien épouse malgré tout Théodora en 523. Quatre ans plus tard, il est sacré empereur, et Théodora revêt donc la pourpre.

La cérémonie a lieu précisément dans l’hippodrome où elle a grandi. Très vite, elle imprime sa marque sur la politique byzantine. L’ancienne courtisane soutient des lois en faveur des femmes, sur le divorce, la place dans la succession, et obtient un texte sur la légitimation des enfants naturels.

6 – Théodora sauve le trône

En 532, l’empereur Justinien est insulté après une course de char dans l’Hippodrome. C’est le début de la sédition Nika. Menacé de destitution, il abdique et prépare sa fuite.

Théodora se dresse contre lui : « Quand il ne resterait d’autres moyens de salut que la fuite, je ne voudrais pas fuir. Ceux qui ont porté la couronne ne doivent pas survivre à sa perte. […] Que la pourpre est un beau linceul…»

Cette attitude a piqué l’orgueil de l’empereur. Justinien reste, écrase la révolte dans le sang et conserve l’empire.

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En 542, la peste décime Constantinople. Même l’empereur Justinien se trouve contaminé. Théodora assure la régence avec beaucoup de loyauté. Théodora et Justinien exercent un pouvoir bicéphale, qui dure jusqu’à la maladie de l’impératrice. Elle est atteinte d’un cancer et elle meurt en 548, 20 ans après avoir revêtu la pourpre.

Franck Ferrand

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