Spartacus, l’esclave révolté : Comment le piège s’est refermé sur le gladiateur qui a osé défier Rome

MARY EVANS/SIPA

Son nom est devenu l’emblème de toutes les libérations : en 73 avant J.-C., le gladiateur Spartacus organise contre Rome la plus impressionnante des révoltes d’esclaves. Alors que ses armées font trembler la République, l’arrivée d’un homme, Marcus Crassus, et un piège gigantesque dans le sud de l’Italie vont sceller le destin des insurgés.

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Vers la fin de la République romaine, l’esclavage atteint des sommets, grâce aux conquêtes. Spartacus est un cas très particulier, puisque c’est un gladiateur.

Berger de la Thrace, dans l’actuelle Bulgarie, il s’est laissé enrôler dans les légions romaines. Il avait tout pour devenir un bon soldat, mais, habitué à la liberté, il finit par déserter. Après avoir vécu de rapines et de vols divers, il est arrêté.

Grâce à son physique spectaculaire, il échappe au sort traditionnel des déserteurs. Il n’est ni torturé, ni tué, mais vendu comme esclave à un certain Batiatus qui dirige l’école de gladiateurs de Capoue. Et Spartacus remporte victoire sur victoire, faisant la gloire de l’établissement.

Spartacus amoureux n’est plus le même : il fait des projets

Il est bien traité. On lui amène régulièrement des prostituées pour essayer de le divertir. Un soir, il tombe fou amoureux d’une de ces jeunes filles. Elle est, elle aussi, originaire de Thrace, et ensemble, ils forment des projets. Spartacus amoureux n’est plus tout à fait le même. D’une certaine façon, il devient un homme plein d’espoir.

L’esclave-gladiateur alimente une rébellion au sein de l’école de Capoue. Il s’enfuit avec 70 compagnons sur les 200 gladiateurs qu’elle compte. Désormais dans la nature, ils trouvent des armes, et deviennent un modèle pour les autres esclaves.

L’armée de Spartacus compte 120 000 esclaves révoltés au sommet de son apogée

Petit à petit, avec les centaines de familles qui arrivent de partout, parfois en ayant même assassiné leur propre maître, il se retrouve à la tête d’un peuple en mouvement. Bientôt, ce seront 50 000 esclaves révoltés qui demanderont à Spartacus de les protéger.

Au sommet de son apogée, son armée compte jusqu’à 120 000 esclaves révoltés. Le plan de Spartacus est de remonter vers la Gaule et la Germanie, ou encore gagner la Sicile pour y fonder une sorte de nouvel État d’esclaves libérés.

Mais « il se trouva un homme qui sauva Rome et ruina pour de nombreuses années jusqu’à l’espoir d’un ordre nouveau. Cet homme n’était pas un soldat, c’était un riche banquier nommé Marcus Crassus » écrit l’historien Jo Tranchal.

Carssus profite de l’absence de César et de Pompée pour essayer de s’imposer dans ce qui est encore une république. Et pour diriger ses troupes, il va recourir à l’effroyable décimation. Après la défaite d’une de ses légions, battue par Spartacus, il réunit 50 dizaines d’hommes. Il prend un soldat dans chaque dizaine pour l’exécuter de sang-froid.

Spartacus est dans la nasse, pris au piège

Pendant ce temps, Spartacus souhaite passer en Sicile. Mais le propréteur de Sicile, Verrès – qui gouverne localement au nom de Rome – a acheté les pirates avec qui le chef des esclaves rebelles avait négocié.

Spartacus est dans la nasse, pris dans un piège qui a la forme d’un fossé géant de 55 kilomètres de long, extrêmement bien défendu. Une rencontre avec Crassus a lieu, mais ne donne rien.

Les révoltés réussissent malgré tout à franchir ce fossé pour rejoindre le Brutium, l’actuelle Calabre. Mais l’annonce du retour de Pompée depuis l’Espagne change tout. « Crassus devrait se réjouir, il n’en est rien, au contraire, sa colère monte quand il pense que Pompée s’attribuera tout le succès de la campagne » écrit l’historien Alain Decaux. Crassus décide d’attaquer sans attendre.

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Dès les premières minutes du combat, une flèche atteint Spartacus à la cuisse, diminuant considérablement ses forces. Le chef des insurgés disparaît dans la mêlée. On perd sa trace définitivement.

Les Romains font 6 000 prisonniers. Ils érigent de grandes croix sur la voie Appienne entre Capoue et Rome. Ceux qui n’avaient pas voulu se soumettre sont cloués à ces croix pour bien montrer à tous les esclaves ce qu’il en coûte de vouloir être libre…

Franck Ferrand

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