Irène, l’impératrice de Byzance qui n’a pas hésité à mutiler son fils pour conserver le pouvoir

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L’ambitieuse Irène, l’épouse de Leon IV, fils de l’empereur Constantin, va gagner peu à peu de l’influence dans l’Empire Byzantin. Elle règnera sans partage, n’hésitant pas à comploter contre son fils.

En 768, l’empereur Constantin V marie son fils aîné, Léon, à une jeune femme athénienne, Irène. Elle est très belle, et pour cause ! Elle a remporté le concours de beauté qui devait permettre de choisir la femme du prochain empereur.

Sept ans après ce mariage, Constantin meurt et logiquement, c’est son fils qui reçoit le titre de roi, le Basileus, comme on disait en grec. Léon devient Léon IV. Sa femme monte donc sur le trône. Ils ont un fils unique, Constantin, âgé de 4 ans.

Irène est pour l’adoration des icônes

Irène se retrouve à la tête de cet empire byzantin et très vite, elle prend une place importante à la Cour. Elle est en désaccord avec une partie de la politique de son mari, notamment pour tout ce qui concerne la religion. Léon IV fait partie des iconoclastes, opposé à l’adoration des images ? Irène est iconodoule. Elle souhaite au contraire leur développement.

Cela peut paraître superficiel, mais l’empire est au bord de la guerre civile à cause de cette controverse. Un évènement bouleverse tout : l’empereur souffre de la maladie du charbon. En seulement deux jours, on voit apparaître sur son corps des cloques assez peu ragoûtantes. Bientôt, il ne peut plus se lever. Il meurt le 8 septembre 780, à 30 ans.

Constantin meurt, laissant un fils de 10 ans

Il a su défendre les frontières d’un empire de plus en plus fragile, pendant les cinq petites années qu’aura duré ce règne éphémère. Évidemment, la grande question, c’est celle de sa succession. Constantin devient Constantin VI, mais il a seulement 10 ans. C’est donc sa mère Irène qui prend la régence.

Sa première action consiste à défaire les décisions de son mari sur cette question des icônes et des idoles. On passe d’un iconoclasme à une iconoclastie tout à fait assumée.  Irène sent que beaucoup sont heurtés par les décisions qu’elle prend. On veut l’écarter du pouvoir, alors elle va placer dans tous les postes clés des hommes de confiance, des eunuques.

Après l’avoir écartée, Constantin VI rappelle sa mère au pouvoir

Son fils Constantin finit par monter sur le trône, ce qui n’a pas été simple pour lui. Un incendie de mauvais augure va notamment se déclencher dans le centre de Constantinople juste après sa prise de pouvoir. Et sur le plan militaire, il enchaîne les défaites, face aux Bulgares puis face aux Arabes en 792.

Il se sent obligé de rappeler à ses côtés cette mère qui ne lui pardonne pas le traitement qu’elle vient de subir, et qui va le lui faire payer. Elle va comploter contre lui pour l’écarter définitivement du pouvoir.

Des poinçons dans les yeux

Irène lui raconte qu’un général, très populaire, prépare un coup d’état. Constantin le fait arrêter pour rien. Une révolte de soldats éclate immédiatement et finit écrasée dans le sang. Inutile de dire que l’armée déteste l’empereur.

Elle aurait aussi probablement encouragé la relation adultère de son fils avec une dame de compagnie. L’inconscient suit les conseils de sa mère, répudie sa femme pour épouser son amante. C’est un véritable scandale dans l’église et auprès des Byzantins. Doucement, Irène fait de Constantin un empereur de plus en plus haï par tous les corps de l’Etat byzantin.

Il maudit sa mère

Que faire pour écarter définitivement Constantin du pouvoir ? Irène n’a pas l’intention de tuer son fils. Elle va donc le mutiler afin de le rendre inapte à l’exercice du pouvoir. Des hommes de mains lui enfoncent des poinçons dans les yeux. Malgré la douleur, on l’entend maudire sa mère. Il reste plusieurs jours prostré, refusant toute nourriture.

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Il meurt à l’âge de 27 ans, permettant à Irène de devenir pleinement impératrice de Byzance. Mais elle tombe malade, et est elle-même victime d’un complot ourdi par son ministre des finances. La voilà partie en exil à Lesbos. Elle est à bout de force. Elle n’a plus cette énergie qui avait fait jusqu’alors les triomphes successifs qu’elle avait imposés à Byzance. Elle mourra dans cet exil en 803, elle n’avait que 51 ans.

 

 

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