327 avant Jésus-Christ : cela fait 8 ans qu’Alexandre le Grand parcourt l’Asie. Il est en train de soumettre à son pouvoir l’immense empire perse dont il a fini par avoir raison. Le jeune roi macédonien n’a pas l’intention d’arrêter son irrésistible marche vers l’est.
Il arrive à Bactres, située dans le nord de l’actuel Afghanistan. Cette ville va être le théâtre d’un événement qui va marquer l’entourage du roi, et va l’opposer à ses proches et au monde grec en général. Il s’agit de l’affaire de la proskynèse.
L’armée avec laquelle Alexandre a débarqué en Asie mineure au printemps 334 avant J.-C se compose d’environ 40 000 hommes, un chiffre assez peu élevé pour une conquête aussi impressionnante. Pour arrêter le roi macédonien, le Perse Darius III a réuni en 331 une armée à Gaugamèles pour affronter celle de l’un des plus célèbres personnages de l’Antiquité. C’est une bataille absolument décisive car le sort de l’empire perse se joue.
Il dispose de forces bien supérieures en nombre à celle de son adversaire. Mais c’est sans compter le génie tactique du jeune conquérant, réussissant à semer la panique dans les rangs ennemis, qui finissent par se disloquer et sont contraints de fuir. C’est la fin de l’empire perse.
Alexandre tente d’imposer la proskynèse
A 25 ans, Alexandre est le maître absolu de toute l’Asie du Sud-Ouest : il devient véritablement Alexandre le Grand.
Le roi a conscience de sa grandeur, et tente d’imposer la proskynèse à ses sujets : une révérence très présente chez les Perses, plus ou moins basse selon le rang de la personne que l’on doit saluer. A Bactres, en 327 avant J.-C, il est confronté à la résistance des Macédoniens, qui refusent de faire ce geste.
Un tel salut est une humiliation pour les Grecs
Pour un Grec, la proskynèse ne peut se faire que dans un cadre religieux, pour honorer les dieux. Faire cela devant un homme, c’est tout simplement une humiliation.
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Cela cristallise l’opposition systémique entre la Grèce et la Perse : les premiers sont du côté de la mesure, de la tempérance, et de la maîtrise de soi ; les seconds privilégient l’ubris, la démesure, et l’orgueil…
Franck Ferrand vous raconte l’affaire, anecdotique en apparence, des révérences qu’Alexandre le Grand a tenté d’imposer à ses sujets
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