Miel : Un pot sur deux ne répond pas à vos attentes

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Les tensions sont fortes sur le marché du miel : une directive européenne doit être révisée pour amener plus de transparence sur l’origine et la qualité de cette pâte sucrée, qui fait partie des produits les plus fraudés dans le monde. Tous les acteurs de la filière s’accordent sur la nécessité de mieux encadrer la production, mais pas sur la manière de le faire.

Dans la production du miel, il y a d’un côté les apiculteurs et de l’autre les conditionneurs. Les premiers s’occupent des ruches et mettent leur propre miel en pot. Mais ils vendent aussi du miel en gros aux seconds qui réalisent des assemblages et vendent ensuite des pots.

Aujourd’hui, les deux acteurs sont en désaccord. Le cœur du conflit est lié au fait que presque un miel sur deux vendu en Europe est en quelque sorte une contrefaçon. Les producteurs vantent une origine géographique et une qualité alors qu’il s’agit souvent d’un cocktail de miels provenant du monde entier.

Pire, ce qui est présenté comme du miel n’en est parfois pas vraiment : il peut être coupé avec des sirops de sucre à base de riz, de blé ou de betterave. Il y a clairement tromperie sur la marchandise, ce qui amène chaque champ à demander une évolution de la réglementation.

Un affrontement entre apiculteurs et assembleurs

La production de miel est déjà une activité encadrée mais des décisions doivent être prises à l’échelle européenne dans les semaines à venir pour assurer plus de transparence pour le consommateur.

Deux camps s’affrontent sur la manière de réglementer le marché. Les apiculteurs affirment qu’il faudrait rendre obligatoire partout en Europe une inscription très claire de l’origine géographique, en précisant sur les pots les pourcentages provenant de chaque pays. Seuls les miels contenant 100% d’abeilles françaises pourraient obtenir l’appellation « miel français ».

De leur côté, les assembleurs considèrent que cette solution est une fausse bonne idée car l’origine ne fait pas forcément la qualité. D’après eux, il serait préférable de mesurer le taux de sucre ajouté pour évaluer la qualité du miel. Ils veulent garder la possibilité de faire des mélanges. Le débat peut sembler anecdotique mais ses implications sont lourdes de conséquences sur le plan économique.

Le risque d’un « dumping » sans régulation plus stricte

Le miel est un monde d’artisans et de PME (Petites et Moyennes Entreprises). Le leader européen du miel est français : la famille Michaud réalise seulement 150 millions d’euros de chiffre d’affaires et est donc loin d’être une multinationale. En France tout de même, 63 000 apiculteurs exercent leur métier. La plupart ne sont pas des professionnels mais il y a un enjeu de savoir-faire et de filière à défendre.

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Sans régulation, la mondialisation et une forme de « dumping » auront sûrement la peau de nos apiculteurs qui souffrent déjà, en particulier dans le sud, de l’impact du réchauffement climatique.

Dans un contexte d’inflation qui pousse déjà les ménages à acheter moins de miel, la tentation pourrait être de chercher à casser les prix en réduisant la qualité du produit. Les Italiens, qui ont constaté il y a quelques années que le parmesan était le fromage sur lequel il y avait le plus de fraude dans le monde, se sont mobilisés pour le défendre. Avec le miel, nous aussi avons un patrimoine à défendre.

David Barroux

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