Pink Lady : Pourquoi la pomme la plus chère du marché est aussi une de celle qui se vend le mieux

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La Pink Lady a été remise sur les étals des supermarchés début novembre. Malgré son prix élevé, elle continue de séduire les Français. Quels sont les secrets de cette pomme dont le succès pourrait inspirer d’autres acteurs de la filière fruits et légumes ?

En cette période d’inflation – qui pourrait se réduire dans les prochains mois -, les exemples de produits dont les ventes ont baissé parce que les prix ont augmenté ne manquent pas. Mais il y a des exceptions, comme la Pink Lady.

L’an dernier, les prix de ces jolies pommes rouges avec une pointe de jaune ont bondi de 5,7% en moyenne, à plus de 3,20 euros le kilo. Pourtant les ventes en volume ont progressé de 9%. Ces chiffres rendent les producteurs de Pink Lady confiants, en cette mi-novembre, moment de l’année où commence la commercialisation de cette pomme qui est devenue l’une des préférées des Français.

La Pink Lady est avant tout une marque

Dans l’agroalimentaire encore plus que dans d’autres secteurs, il ne peut pas y avoir de succès si le produit ne plaît pas, particulièrement lorsque l’on parle de goût. Les producteurs de la Pink Lady s’accordent à dire que son succès est lié à ses qualités gustatives. C’est une pomme à la fois sucrée, acide, juteuse mais aussi croquante : les professionnels louent son « spectre organoleptique ».

Mais la qualité ne suffit pas car il est nécessaire de se distinguer et d’être reconnu pour trouver le succès. Les pommes, comme tous les fruits et légumes, comportent plus de variétés que de marques, avec par exemple la pomme Golden ou Gala. La Pink Lady se différencie par le fait d’être une marque. Il s’agit d’un fruit né de croisements, et donc d’un cahier des charges, ce qui impose un marketing efficace permettant de combiner valeur et volumes.

Un processus long et fastidieux

L’exemple de la Pink Lady pourrait laisser penser que la recette est simple à appliquer pour d’autres acteurs de la filière fruits et légumes. En réalité, il est long et fastidieux de faire émerger une marque.

Les premières Pink ont été récoltées en Australie au milieu des années 1970. Les premiers pommiers issus de ce croisement ont été plantés en France seulement 20 ans plus tard et les premières récoltes datent de 1997. Ainsi, il a fallu attendre le début des années 2000 pour que les volumes produits commencent à être conséquents.

Une organisation collective nécessaire

Aujourd’hui, les pommes Pink Lady représentent 7% du marché français. L’enjeu est maintenant de trouver un équilibre entre l’offre et la demande en augmentant modérément la quantité produite. Au-delà du producteur à l’échelle individuelle, une organisation collective s’impose.

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Le produit doit rester de bonne qualité, abordable mais toujours avec des qualités particulières et reconnues pour obtenir un succès à long terme. L’effort collectif nécessaire est plus accessible dans l’industrie en étant adossé à un grand groupe que dans l’agriculture. Mais la piste mérite d’être suivie car une marque permet de mieux valoriser et d’être moins copié.

David Barroux

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