EXCLUSIF – Tempêtes Ciaran et Domingos : Abeille Assurances va augmenter ses tarifs en 2024

MATHIEU PATTIER/SIPA

Les tempêtes Ciaran et Domingos ayant frappé la France ont provoqué un total de 517 000 sinistres au début du mois de novembre. Ces dégâts considérables alourdissent la facture des compagnies d’assurance selon Philippe-Michel Labrosse, directeur général d’Abeille Assurances. Il était l’invité de l’émission « C’est dans votre intérêt ! » ce dimanche.

Ciaran et Domingos se classent déjà en cinquième position des tempêtes les plus dévastatrices en France métropolitaine. Le bilan économique de ces tempêtes a atteint 1,3 milliard d’euros selon France Assureurs mais n’est pas définitif : « la facture peut toujours évoluer puisque des déclarations tardives peuvent arriver » explique le directeur général d’Abeille Assurances.

Dans le cadre de la garantie « tempête, grêle et neige » dite TGN, les dommages causés aux biens sont totalement intégrés « dans le système d’assurance privé » : en d’autres termes, ces trois intempéries sont indemnisées par les assureurs directement, sans qu’une reconnaissance préalable de catastrophe naturelle par l’Etat ne soit nécessaire.

Une hausse des tarifs des assurances qui pourra franchir deux chiffres dans certaines situations

Conséquence : les déclarations de sinistre vont peser lourd sur le bilan financier des compagnies d’assurance. Le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu a récemment estimé qu’une augmentation de la surprime « catastrophe naturelle » était inévitable. Des propos cohérents selon Philippe-Michel Labrosse : « lorsqu’un risque augmente, le coût de couverture de ce dernier est forcément plus élevé et le tarif des assurances doit augmenter ».

Cette hausse, appliquée à partir de l’année prochaine par Abeille Assurances, devrait être « limitée à un chiffre pour un certain nombre de risques, mais pourra franchir les deux chiffres pour d’autres situations, notamment dans le cas de l’assurance habitation ».

Accès plus difficile à l’assurance : une « rupture d’égalité qui ne serait pas acceptable »

Avec l’augmentation du risque et de l’intensité des catastrophes naturelles liée au réchauffement climatique, la flambée des tarifs pratiqués par les compagnies d’assurance est vouée à se généraliser : « les conséquences de la transformation climatique devant nous seront dramatiques pour les régimes d’assurance ».

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Philippe-Michel Labrosse est partisan « d’un système d’assurance public-privé qui permette d’assurer l’ensemble des Français ». Malgré la hausse inévitable des tarifs des assurances, ce dernier rejette l’idée d’un scénario semblable à ce qui se produit aux Etats-Unis, où des assureurs refusent de couvrir certaines régions : « ce serait une rupture d’égalité qui ne serait pas acceptable ».

Paul Cassedanne

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