Grève des contrôleurs aériens lundi : bientôt une loi pour durcir les conditions de mobilisation

istock

Une nouvelle grève des contrôleurs aériens va provoquer des annulations de vols lundi prochain à Orly, Toulouse, Bordeaux ou encore Marseille. Mais il y a de l’espoir : les règles vont bientôt être durcies pour les grévistes.

Ce sera le 53e préavis des contrôleurs aériens en 2023, record toutes catégories. Depuis 2005, 249 journées de grève ont eu lieu. Ces chiffres donnent le vertige mais la loi va enfin changer.

Certes, le droit de grève des contrôleurs aériens ne sera remis en cause, mais le texte qui a été approuvé à l’Assemblée nationale obligera les aiguilleurs du ciel à se déclarer grévistes 48 heures en avance.

Peu d’employés répondent présent le jour J

L’absence actuelle d’obligation conduit la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC) à imposer aux compagnies de réduire leurs plans de vol en fonction du poids des syndicats mobilisés. L’objectif : éviter des annulations de dernière minute.

Il y a pourtant souvent très peu de grévistes le jour J. De quoi constituer un incroyable gâchis qui a culminé pendant le conflit social sur la réforme des retraites. Le texte de loi ne concernait pourtant pas les contrôleurs aériens, assurés de conserver leur âge de départ à 59 ans. Mais la CGT, minoritaire, a multiplié les appels menant à chaque fois à 20% d’annulation des vols, mais quasiment aucun gréviste.

Le syndicat des aiguilleurs lui-même veut resserrer la vis

Ces manœuvres un peu trop faciles ont finalement fait réagir le gouvernement. Les compagnies aériennes ont en effet haussé le ton, ces grèves perturbant tout le trafic européen. Même le syndicat majoritaire des aiguilleurs du ciel, le SNCTA (Syndicat national des contrôleurs du trafic aérien), s’en est inquiété. Il a discrètement soutenu la proposition de loi obligeant à se déclarer gréviste au préalable.

A lire aussi

 

Le même syndicat a également donné des gages au gouvernement pour éviter les grèves pendant les Jeux olympiques de 2024. Cependant, ces concessions n’ont pas lieu sans contreparties. L’exécutif s’est ainsi engagé à assouplir les règles du service minimum qui permet de réquisitionner jusqu’à 50% des contrôleurs aériens. Un nouveau décret est attendu pour la mi-décembre. Il faut malheureusement s’attendre à quelques grèves d’ici là…

Etienne Lefebvre

Retrouvez tous les articles liés à l’actualité économique