A l’approche de l’été et des départs en vacances, le trafic aérien semble avoir retrouvé son activité d’avant la pandémie de Covid-19. De bon augure pour Augustin de Romanet, PDG du groupe ADP (Paris Aéroport) et invité de Radio Classique, mais qui appelle à certaines précautions.
« 97 % des niveaux de 2019, c’est le trafic passager dans les aéroports parisiens au mois de mai », lance François Geffrier. En effet, le trafic aérien, touché par la crise sanitaire, semble effectuer un redressement depuis le début de l’année 2023.
Cet été, les passagers seront de retour en masse dans les avions. « La demande de transport aérien s’exprime de nouveau, se réjouit Augustin de Romanet. Le trafic devrait revenir à son niveau d’avant-Covid d’ici 2024″.
Les millions de passagers asiatiques manquent encore à l’appel dans les aéroports
Enjoué par cette reprise du trafic des passagers, avec une progression de 10 points par rapport au mois précédent, Augustin de Romanet constate que le rebond est moins élevé qu’attendu en Asie : « il manque encore quelques passagers asiatiques, chinois notamment ».
A en croire l’indice mensuel TendanCiel de la direction générale de l’aviation civile (DGAC), le nombre de passagers asiatiques est toujours en-deçà des chiffres d’avant-Covid (23,9% du chiffre en 2019 pour la Chine). Ce phénomène a des ramifications dans toute l’Asie et s’explique par plusieurs facteurs.
Les voyageurs chinois restent très prudents, en dépit de la levée des dernières restrictions d’entrée dans leur pays. Et les compagnies aériennes peinent à reprendre leurs lignes aériennes, par souci de rentabilité : « Avant Covid, il y avait 81 liaisons hebdomadaires à Paris, soit la plus grande connectivité en Europe », explique Augustin de Romanet. S’ajoute à cela le conflit russo-ukrainien avec la fermeture de l’espace aérien.
Un nouvel appel à la grève à l’aéroport de Londres
Cet afflux de passagers pourrait toutefois causer des perturbations et des retards inévitables, « hantise des passagers ». Mercredi, les agents de sécurité de l’aéroport londonien d’Heathrow (septième plus fréquenté au monde) ont appelé à une grève de huit jours le mois prochain pour une augmentation de salaires.
Pour rappel, Paris-Charles-de-Gaulle et Orly avaient été touchés par une vague de grèves lors de l’été dernier, avec des « annulations de dernière minute » et des possibles retards à la clé. Des désagréments que devraient éviter les aéroports de Paris cet été.
« S’agissant de Paris, je peux répondre que la situation est sous contrôle. Nous avons pris toutes les mesures possibles avec nos sous-traitants pour que l’été se passe au mieux », rassure Augustin de Romanet.
Le personnel des aéroports de Paris a été renforcé en vue de cet été
La proposition de loi de Vincent Capo-Canellas adoptée le 15 juin dernier va dans ce sens : chaque aiguilleur du ciel doit se déclarer gréviste « deux jours » avant un mouvement social et « non plus deux heures », se félicite le PDG d’ADP.
D’un point de vue logistique, les longues files d’attente devraient être atténuées par « un renouvellement des sous-traitants aux postes d’inspection-filtrage ». Une vingtaine de PARAFE (Passage Rapide aux Frontières Extérieures) supplémentaires sont prévus « afin de fluidifier les flux de passagers ».
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Les passagers devraient également bénéficier d’un management amélioré, avec « une meilleure communication » et une prise en charge plus rapide « des personnes présentant un handicap ».
Enfin, autre sujet épineux, la gestion des bagages perdus. « Beaucoup de progrès ont été faits depuis l’an dernier », prévient Augustin de Romanet, qui s’attend à un été plus calme que les précédents.
Oscar Korbosli