Langue française : « Les quatre coins de l’Hexagone », et autres erreurs sur les voyages à corriger

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Pléonasmes et incorrections sont légion dès qu’il s’agit d’exprimer le fait de voyager ou d’effectuer un déplacement professionnel. Tordons-leur le cou définitivement.

« Aux quatre coins de l’Hexagone », avez-vous bien compté ?

C’est une tournure que l’on entend fréquemment : « il s’est rendu aux quatre coins de l’Hexagone, mais il n’a pas trouvé la perle rare ». L’incohérence est pourtant flagrante. Le mot hexagone vient du grec hexa, qui signifie « six », et gonia, « l’angle ».

Terme de géométrie utilisé par analogie pour désigner la France, il est par définition incompatible avec l’expression « quatre coins ». Cette erreur provient de la confusion avec la locution aux quatre coins, qui signifie « en tout point ».

À noter que l’expression « aux quatre coins du monde » n’est guère plus rigoureuse. Par ailleurs, le terme Hexagone est lui-même discutable pour désigner la France, car il exclut les îles ainsi que les départements et territoires d’outre-mer. Une expression à abandonner, donc.

« Tous les pays du monde » et « la topographie des lieux », des doublons qui alourdissent nos conversations

Ces deux formulations appartiennent à la catégorie des pléonasmes. Le monde englobe par définition tous les pays : l’ajout de « tous les pays » est donc redondant. Quant à la topographie, elle désigne la description d’un lieu — préciser « des lieux » ne fait qu’alourdir inutilement la phrase.

Une formulation à oublier pour parler de nos déplacements : « À 30 km de distance »

Les kilomètres étant des unités de mesure de distance, l’ajout du mot « distance » est, une fois de plus, redondant. On préférera : « éloigné de 30 km » ou simplement « à 30 km ». La correction est légère, mais facile à mettre en œuvre pour éviter la tournure pléonastique.

A Paris, « la ligne une ne marquera pas l’arrêt à Nation » : c’est faux !

« La ligne une du métro ne marquera pas l’arrêt à Nation » : cette phrase comporte plusieurs erreurs. D’abord, on dit « la ligne un », sous-entendu : « la ligne numéro 1 », et non « la ligne une ». Ensuite, ce ne sont pas les lignes qui s’arrêtent, mais les trains : il convient donc de reformuler en conséquence.

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Enfin, l’expression « marquer l’arrêt », employée par la RATP, paraît bien alambiquée : « ne s’arrêtera pas » suffit amplement. Et pour être tout à fait rigoureux, on dira « à la station Nation » plutôt qu’ « à Nation ».

Karine Dijoud

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