Langue française : Comment disait-on « omelette » au 16e siècle ? Epatez vos interlocuteurs avec ces mots anciens

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Certaines erreurs linguistiques ont fait carrière : voici trois exemples, avec l’omelette, le lendemain et la grenouille.. Plongez dans l’histoire de ces fautes entrées dans l’usage. 

 

Prenons un exemple qui peut même être dégusté au déjeuner : l’omelette. Ce mot, si français et si familier, est en réalité le fruit d’une longue série de glissements.

Omelette désigne à l’origine un plat fin comme une lame

À l’origine, au XIVe siècle, on disait « alumelle », un terme qui désignait une fine lame de métal. L’omelette était donc une préparation plate et fine, comme une lame. Puis, « alumelle » est devenue « aleumette » et « amelette ».

À force de déformation orale et de réinterprétation, on a fini par entendre « omelette », avec une influence du latin ovum, l’œuf, qui s’est glissé dans la prononciation. Personne n’a décidé de ce changement, il s’est fait seul, de génération en génération.

Lendemain, un mot coupé au mauvais endroit

Quel est notre deuxième exemple ? Le mot « lendemain ». On pourrait croire que c’est un mot simple et évident, mais il vient de « l’endemain » avec un L apostrophe.

C’est l’article « l’ » qui s’est agglutiné, comme pour le mot « lierre », qui était initialement le terme « ierre ». « L’endemain », avec un L apostrophe, signifiait « le jour d’en », c’est-à-dire le jour d’après, le jour suivant. On a fini par couper au mauvais endroit une fois de plus, et « l’endemain » est devenu « le lendemain ».

La grenouille se disait en ancien français « renouaille »

Enfin, abordons la grenouille. Oui, ce mot vient du latin ranunculus, petite grenouille.

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En ancien français, cela donnait « renoaille ». Mais « renoaille » sonnait trop proche de « rien ». Alors, le mot a été enrichi d’une syllabe initiale : « grenoaille », puis « grenouille ». Cette syllabe n’existait pas à l’origine, elle a été ajoutée par habitude et par confort phonétique. La grenouille a été affublée d’une syllabe en trop et l’a gardée pour toujours.

Karine Dijoud

 

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