Parlons des mots maltraités chaque jour dans nos conversations. Voici des exemples de termes qu’on utilise mal, et comment ne plus jamais se tromper.
J’ai souvent entendu quand j’étais enfant : « mais arrêtez de faire la pantomine ! » (sic). C’était ma grand-mère qui nous disait ça, à mes cousins et moi, alors que nous étions en train de ricaner bêtement. J’ai donc longtemps cru qu’on disait pantomine. Finalement, j’ai appris que c’était pantomime comme le mime Marceau. Ce nom est bien féminin, il désigne un jeu, un spectacle. L’expression familière « faire la pantomime » désigne de façon péjorative un comportement ridicule, une manière de s’exprimer par des gestes, des mimiques, mais sans avoir recours à la parole.
Passons au mot « rébellion », qu’il ne faut pas prononcer reu-bellion, mais bien ré-bellion. Certes, l’adjectif rebelle induit en erreur, ce qui fait que très souvent les gens disent « rebellion », mais non, l’adjectif c’est rebelle et le substantif qui lui correspond, c’est rébellion, puisqu’il y a un « é ».
Un choc émotif ou un choc émotionnel ?
On dit aussi souvent émotionnel au lieu d’émotif. Je l’entends de plus en plus : « Moi, je suis quelqu’un de très émotionnel ». Non, ça ne se dit pas. Le mot émotionnel existe, mais il signifie « qui est relatif à l’émotion ». On parlera par exemple de choc émotionnel. En revanche, si on veut désigner quelqu’un qui est facilement ému, on dira qu’il est émotif. Et je précise, là aussi – ce sont les subtilités de la langue française – qu’on peut parler de choc émotif comme de choc émotionnel.
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Le dernier exemple est souvent utilisé dans le football : prolongation. On le confond parfois avec prolongement. Ils désignent l’un et l’autre un allongement, mais prolongation désigne un allongement dans le temps, d’où les prolongations dans le foot. Un prolongement désigne un allongement dans l’espace, comme le prolongement de la ligne 14 du métro parisien.
Karine Dijoud
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