Parlons des erreurs de grammaire dans les chansons. Il arrive parfois que les auteurs et les chanteurs prennent des libertés avec la langue. C’est ce qu’on appelle la licence poétique, la liberté propre au poète.
Parfois, l’erreur est volontaire : c’est souvent pour des raisons métriques que les poètes ou les chanteurs se l’autorisent. Elle permet d’avoir le nombre de syllabes nécessaires pour avoir une harmonie.
Dans la Chanson sur ma drôle de vie de Véronique Sanson, on entend : « tu m’as dit que j’étais faite pour une drôle de vie. J’ai des idées dans la tête et je fais ce que j’ai envie ». C’est la fin de la phrase qui pose problème. Il faudrait dire, « ce dont j’ai envie » ou « ce que j’ai envie de faire ».
Une faute qui donne son charme à la chanson
Il s’agit d’une construction transitive indirecte, c’est-à-dire qu’il y a une préposition : on a envie de quelque chose ou de faire quelque chose. Mais cette faute de français donne tout son charme aux propos de la chanson.
Voici un exemple dans lequel la faute est dans le titre ! Un jour je marierai un ange de Pierre de Maere. Il faut dire « j’épouserai un ange ». En français, on dit se marier « avec » quelqu’un. Ici l’emploi est calqué sur l’anglais.
Je ne sais pas si c’est dû au succès de la chanson ou à l’anglicisme qui se répand, mais on entend cette erreur de plus en plus souvent.
Eddy Mitchell lui aussi aurait-il fait une erreur ? C’est ce qu’on appelle familièrement une liaison « mal-t-à propos », ou avec plus de rigueur, un pataquès.
Dans Pas de Boogie Woogie, Eddy Mitchell s’exclame « reprenez avec moi, tous en cœur » en insistant sur un « r » imaginaire à la fin du mot : « reprenez r-avec moi » (sic). Or la liaison doit être faite avec le son « z ». Parfois l’infinitif tient lieu d’impératif, c’est vrai, mais s’il s’agissait d’un infinitif, il faudrait dire « reprendre » !
Karine Dijoud
Retrouvez la chronique Et si on parlait français ? Avec l’Académie française