Langue française : Guitare vient de l’arabe, comme ces 30 mots que vous utilisez (presque) chaque jour

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Des dizaines de mots que nous utilisons tous les jours viennent de l’arabe, et pas des moindres. Voici lesquels !

 

Les sciences, premier terrain d’emprunt à l’arabe

Commençons par le vocabulaire des sciences. Au Moyen Âge, la civilisation arabe copiait, traduisait et enrichissait des textes grecs anciens, à Damas, au Caire, à Cordoue. La bibliothèque de Cordoue comptait, au Xe siècle, autant de volumes que la ville comptait d’habitants, soit 400 000. Tous les savants d’Europe venaient s’y instruire.

Les Arabes avaient la passion de nommer, classer, calculer et mesurer. Ils nous ont légué les mots algèbre, algorithme, alchimie, chimie, chiffre, azimut et zéro — ce petit mot qui, à lui seul, a changé l’histoire du monde.

De divan à alcôve, le français s’inspire de l’art de vivre arabe

Au-delà des sciences, nous devons à la langue arabe une grande partie du lexique de l’art de vivre et du logement raffiné : alcôve, baldaquin, divan, sofa, tabouret. Le champ lexical du soin du corps n’est pas en reste : henné, khôl, massage, talc, hammam.

Et côté musique, la langue arabe nous a transmis la guitare, le luth et le tambour.

Les plaisirs de la table illustrés par ces mots inspirés de l’arabe

La cuisine, elle aussi, puise abondamment dans l’héritage arabe. Parmi les mots que nous lui devons : artichaut, aubergine, épinard, safran, cumin, estragon, tajine, couscous.

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C’est aussi le cas d’abricot, qui a réalisé un véritable voyage linguistique en passant par le grec, le latin, l’arabe, l’espagnol et le catalan avant d’atterrir dans nos vergers français.

Le zénith, ou quand une erreur fait l’histoire

Pour conclure, un mot particulièrement éloquent : zénith. Ce terme désigne le point le plus haut du ciel, situé juste à la verticale au-dessus de notre tête. Il vient de l’arabe samt ar-ras, qui signifiait « chemin au-dessus de la tête », abrégé en samt.

Mais au Moyen Âge, des scribes européens peu familiers de l’arabe ont mal lu le mot et l’ont transformé en senit, puis zenit, et enfin zénith — avec le H final que nous lui connaissons. Ce joli mot est donc né d’une faute de copie.

Les erreurs, elles aussi, font l’histoire des mots.

Karine Dijoud

Retrouvez la chronique Et si on parlait français ?