Langue française : 3 pièges orthographiques à connaître pour épater vos amis

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En français il est très fréquent de trouver des mots qui ont plusieurs orthographes. Ces différentes manières d’écrire sont le fruit d’une longue évolution du langage. Découvrez l’histoire qui se cache derrière ces termes courants.

L’outil qui sert à ouvrir des portes peut s’écrire clé ou clef. Il vient du latin clavis, qui signifie la clé. Le « v » latin est devenu un « f » en français. C’est ainsi que le mot clef apparaît en 1080. Et contrairement à ce que l’on peut penser l’orthographe « clé » n’est pas plus récente ! Elle date de 1121. La graphie avec un accent aigu est due à un ancien pluriel qui s’écrivait à la fois clez et cles. Le « f » final avait disparu à ce moment-là. Quand on a voulu rétablir le mot au singulier, on a omis le « f ».

Aujourd’hui, les deux graphies coexistent. Certains préfèrent l’écrire « clef » pour mettre en avant l’étymologie. Mais la plus fréquente, on le sait, c’est « clé », c’est celle qui figure dans tous les exemples du dictionnaire Le Petit Robert.

Cuillère ou cuiller ?

Faut-il écrire bistro ou bistrot ? Là aussi, les deux graphies sont apparues à la fin du 19e siècle. En 1880, on disait « chez le bistrot » pour dire « dans un café populaire ». Pourquoi ? Parce que le terme bistrot désignait d’abord le tenancier du café.

Son étymologie est floue, mais la version la plus vraisemblable est qu’il serait issu de l’argot parisien. Il s’agirait d’un croisement entre mastroquet, synonyme de tenancier et bistingo, le bistingo, un petit restaurant. Ce fameux « t » serait apparu lors du passage du mot « bistrot » dans la langue populaire, par analogie avec la finale d’autres mots.

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Ce mot a connu de nombreuses formes, « culier », « collet », « cuillier » puis « cuiller » et le « cuillère » qu’on connaît. Ce sont ces deux dernières graphies qui perdurent même si la première, cuiller est nettement en perte de vitesse et risque de disparaître.

Karine Dijoud

 

 

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