Langue française : Pourquoi dit-on « entre quatre-z-yeux » ?

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Les liaisons de la langue française sont parfois mystérieuses. Ainsi, on dit « entre quatre-z-yeux », alors qu’il faudrait dire « entre quatre yeux », sans prononcer de « z », puisque quatre est invariable. En voici la raison.

Le mot « yeux », pluriel de « oeil », est quasiment toujours précédé des déterminants « les », « des », « ces » ou « ses ». Nous sommes habitués à l’entendre précédé du son « z », correspondant à la liaison avec un « s », c’est la raison pour laquelle quatre-z-yeux est une liaison acceptée. Normalement, lorsqu’un mot se termine par une voyelle, il ne se lie pas au mot suivant, mais l’usage a créé des consonnes de transition.

C’est le cas dans la chanson Malbrough s’en va-t-en guerre : on a ajouté un « t » pour faire la liaison. On dit aussi « vas-y », alors que dans cet impératif, il n’y a pas de « s ». Ici, on l’ajoute pour la liaison, tout comme dans « manges-en ».

Quatre amis, faut-il faire la liaison ?

On ajoute ces liaisons pour des raisons d’euphonie, c’est-à-dire pour créer un son plus joli, et pour des raisons pratiques, car c’est plus facile à prononcer. En revanche, on évitera de dire les quatre-z-étapes ou les quatre-z-amis ! C’est une prononciation malheureuse et injustifiée.

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Enfin on rencontre un « s » à la fin de « jusque » dans des textes classiques, comme dans ce vers du Cid de Corneille : « Les Maures et la mer montent jusques au port ». Cela correspond à un usage ancien considéré comme poétique. Même si la tournure est désuète, il existe bien dans les dictionnaires.

Karine Dijoud

 

 

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