Attaque à Paris : « la radicalisation est comme un cancer, on ne peut pas traiter certaines phases » selon l’imam Chalghoumi

Francois Mori/AP/SIPA

Un homme de 26 ans a tué un touriste allemand et blessé deux autres personnes samedi soir à Paris. Il était fiché S, connu de la justice pour son islamisme radical et atteint de troubles psychiatriques. Le président de la conférence des imams de France « condamne cet acte barbare ». Hassen Chalghoumi était l’invité de la matinale de Radio Classique ce lundi.

Il avait prêté allégeance à l’Etat islamique selon le procureur antiterroriste : Armand R.-M., l’auteur de l’attaque qui a eu lieu à Paris près de la tour Eiffel samedi soir, a plusieurs fois crié « Allah Akbar » au moment des faits.

« Comment expliquer que l’on puisse agir au nom d’Allah ? » demande David Abiker à l’imam de Drancy. Tout en condamnant « cet acte barbare », Hassen Chalghoumi tient à rappeler que « ce n’est pas au nom de textes que l’on massacre des vies ». Les responsables de ces atrocités font partie de « sectes » qui défendent des « idéologies mortifères ».

Pour l’homme religieux, l’islamisme radical « est le vrai ennemi qui divise la société ». Il déplore en effet que nous ne soyons « pas tous unis » pour combattre ce fléau.

L’extrême gauche tient un « discours de péril, de division et de haine »

La France traversant une période très difficile selon l’imam de Drancy, il souhaite interpeller les politiques, qu’ils soient de droite ou de gauche, et leur demande deux choses : « la clarté et le courage ». La clarté impose de reconnaître « que les islamistes existent » et défendent une « lecture dévoyée de l’islam ». Le courage est celui de « dénoncer » ce phénomène et « de le combattre ».

Hassen Chalghoumi a le sentiment que certaines personnalités politiques ne luttent pas contre l’islamisme radical, déplorant le fait « qu’ils jouent le jeu en participant à des manifestations pro-islamistes ». Sans vouloir dénoncer un parti spécifiquement, il estime que « le discours de l’extrême gauche » mène au « péril, à la division et à la haine ».

La France peut bâtir un « islam des lumières »

Si Hassen Chalghoumi constate une ambiguïté chez certains imams de France dans leur rapport à l’islamisme radical, il observe tout de même « une conscience chez les musulmans français, dans la société et chez les politiques, de dénoncer et de condamner ces personnes ».

Lutter contre l’islam politique implique de s’attaquer à la « radicalisation », un phénomène comparable à un « cancer » selon l’imam de Drancy : « il y a seulement certaines phases que l’on peut traiter ».

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Le président de la conférence des imams de France reste convaincu qu’il est possible de bâtir un « islam des lumières », en séparant le « côté politique et le côté spirituel ». C’est un islam « qui accepte l’auto-critique, qui accepte Charlie, qui accepte toutes les visions ». Hassen Chalghoumi en est convaincu : « c’est en France qu’on peut le bâtir ».

Paul Cassedanne

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