Jean-Michel Blanquer est désormais à la tête de Terra Academia, une école tournée vers l’écologie et l’environnement,qui sera composée de plusieurs campus. L’ancien ministre de l’Education nationale a réagi aux mouvements pro-palestiniens qui agitent les grandes écoles et les universités françaises.
400.000 emplois seront nécessaires à l’avenir pour accélérer la transformation écologique, et 8 millions concernés par des adaptations à des compétences nouvelles. Il y a aujourd’hui un manque de main d’œuvre et les embauches sont possibles.
C’est en partant de ce constat qu’est né le projet de Terra Academia, une école destinée à former des jeunes et des adultes à ces métiers. Le premier campus, situé à Arras, a ouvert ; il sera suivi par d’autres installations dans les territoires. Cette école présidée par Jean-Michel Blanquer est accompagnée par des partenaires du secteur public et privé, qui participent au programme de formation : « Veolia sait qu’il faut des électromécaniciens dans les Hauts-de-France, on va donc former à ce type de métiers. EDF a d’immenses chantiers dans cette région, mais aussi en Normandie ».
Certaines formations seront gratuites, dans le cadre de ces partenariats, « car les entreprises ont intérêt » à ce que les gens soient formés à ces types de métiers, détaille l’invité de David Abiker. Cette école, dont le but financier est d’être à l’équilibre, devra former 60.000 jeunes d’ici 2030.
60.000 jeunes formés d’ici 2030
Jean-Michel Blanquer est le ministre qui a passé le plus de temps rue de Grenelle sous la 5ème République et son bilan est aujourd’hui vivement critiqué. « C’est inévitable quand on a passé 5 ans [au ministère de l’Education] » souffle-t-il, ajoutant qu’il sortira un livre à la rentrée prochaine « qui racontera tout ça ». Notamment le changement de ligne radical apporté par son bref successeur Pap Ndiaye.
L’ancien ministre défend pied à pied son bilan. L’allègement du programme de mathématiques au lycée : « totalement faux ! » s’insurge-t-il, estimant même qu’ils sont aujourd’hui « plus exigeants qu’avant ». Fausse également, selon lui, l’idée selon laquelle les filles seraient moins présentes dans les filières scientifiques.
Il rappelle les deux objectifs en matière d’éducation : « préparer des élites excellentes, larges et mixtes. Là-dessus il n’y a aucun bémol à mettre sur ce qui a été fait, et avoir un bon niveau général de la population ».
Des programmes en mathématiques « plus exigeants qu’avant »
L’ex ministre et président du Think tank le Laboratoire de la République a aussi réagi aux manifestations pro-palestiniennes qui agitent les universités françaises. Des incidents ont été notés à Sciences Po Paris, l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille et à la Sorbonne. La ministre de l’Enseignement supérieur Sylvie Retailleau a d’ailleurs demandé aux universités de « veiller au maintien de l’ordre ».
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Jean-Michel Blanquer regrette qu’aujourd’hui, la diversité des points de vue et la recherche de la vérité par le dialogue n’existent plus dans les facultés. Il déplore « des minorités agissantes qui essaient d’imposer leur loi », et « pas seulement depuis l’exacerbation de la crise au Proche-Orient ». Il pense surtout à ceux, « professeurs et étudiants, qui pensent autrement que cette minorité, et qui doivent raser les murs ». « Le pire, c’est l’antisémitisme pur et dur, la pointe avancée de cet extrémisme ».
Béatrice Mouedine
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