Les OGM sont une source de possibilités comme de responsabilités, estime le généticien François Parcy

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Depuis la création de ces plantes génétiquement modifiées, la majorité des mouvements écologistes s’est opposée à l’utilisation des OGM en agriculture, notamment à travers le mouvement des faucheuses et faucheurs volontaires d’OGM, au début des années 2000. François Parcy, généticien et auteur de Les Clés du champ. Comment domestiquer les plantes (Editions HumenSciences), est favorable à un usage encadré de ces techniques. Il était l’invité de Radio Classique le 29 avril.

« Domestiquer les plantes, c’est les adapter à nos besoins, c’est-à-dire les sortir de la nature et les faire entrer dans le champ », résume François Parcy. C’est également ce que feraient les sociétés humaines « depuis deux mille ans environ », explique-t-il. « Ce qui est une qualité dans le champ n’est pas forcément une qualité dans la nature », ajoute le chercheur. Les cultivateurs auraient donc, depuis toujours, cherché à faire pousser des plantes « adaptées aux besoins de l’homme », c’est-à-dire « pas toxiques, qui se cultivent et se récoltent facilement ».

Dans la culture des céréales, ils auraient par exemple sélectionné des « variants » dont les graines restent attachées à l’épi comme le riz, le seigle, le blé, le maïs ou l’orge, afin d’en faciliter la récolte. A force d’être cultivées, ces plantes ont évolué, à l’image du maïs dont les grains étaient à l’origine entourés d’une « coquille très dure » qu’il fallait rompre pour les consommer, ou de l’amande qui était il y a longtemps un fruit toxique.

Croiser des variétés différentes

S’il fallait au départ « attendre » qu’une plante évolue petit à petit, on mettrait aujourd’hui en place des « méthodologies » devenues « de plus en plus sophistiquées », raconte le généticien. Parmi les premières techniques utilisées, on aurait d’abord eu recours au croisement de variétés différentes.

En évoluant séparément, des espèces végétales différentes « ont chacune accumulé leur lot de variations », explique-t-il. « Quand on les remet en croisement, on crée des choses nouvelles » en termes de forme, de goût ou de résistance. Les premières bananes à la chair sucrée et ou goût agréable auraient par exemple été obtenues grâce à un croisement de deux espèces de bananes, à l’origine immangeables.

Des rayons gamma ou des agents chimiques

Depuis les années 1950, « l’homme s’est rendu compte qu’au lieu d’attendre que les mutations se soient introduites dans les variétés », il pouvait les provoquer, par exemple « avec des rayons gamma ou des agents chimiques », explique François Parcy. « Il y a des milliers d’espèces que nous consommons qui ont été créées comme ça. »

Bien qu’elle fasse « des choses formidables », le chercheur estime qu’ « on ne peut pas se dire qu’on va résoudre tous les problèmes avec la génétique ». Il considère cependant qu’elle permettrait des avancées souhaitables, comme le fait de « rendre les plantes résistantes à certaines maladies ». Dans le cas des cultures de betteraves, attaquées par un insecte qui transmet un virus au légume, « on est obligé d’utiliser des néonicotinoïdes pour aller tuer l’insecte », affirme-t-il. « Si on rendait cette betterave résistante au virus, on n’aurait pas besoin d’aller tuer les insectes ».

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Selon François Parcy, les OGM sont une « méthodologie puissante » qui « offre des possibilités » tout autant qu’elle « donne des responsabilités ». « Si on se rend compte que les bénéfices sont suffisamment grands, on va sans doute accepter certaines de ces nouvelles plantes », juge-t-il. « Si elles nous permettent de mieux cultiver, de réduire les phytosanitaires, de réduire l’apport en engrais, de mieux résister au changement climatique, alors le bénéfice sera tellement évident » qu’elles finiront par être adoptées, selon le généticien.

Ella Couet

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