La Bellevilloise à Paris sauvée par Cultplace : L’histoire d’une entreprise qui rénove des lieux culturels emblématiques

La Rotonde Stalingrad, La Petite Halle de La Villette, et l’iconique Bellevilloise, ces lieux bien connus des Parisiens ont été réhabilités par Cultplace, une entreprise développant et modernisant des lieux culturels. Son cofondateur Fabrice Martinez est revenu sur ce projet un peu fou de leur redonner vie dans « La France de Demain » sur Radio Classique.

L’aventure pour Fabrice Martinez, et son associé Renaud Barillet, commence en 2006, seuls, sans soutien financier : « on a démarré par la seule force de notre travail, au début ça a été extrêmement difficile ». Premier projet de l’entreprise, la Bellevilloise met « plus de 10 ans avant de pouvoir trouver un équilibre financier ».

Le centre artistique et culturel, contenant café lumineux, expositions, projections de films, concerts et événements, a séduit l’entrepreneur par son histoire : fondée en 1877 aux lendemains de la Commune, ce bâtiment art nouveau de la rue Boyer est la première coopérative ouvrière.

Une visée culturelle qui n’éclipse pas une obligation de rentabilité 

Il avait pour projet de permettre aux gens modestes l’accès à une éducation politique et culturelle. « Je me suis intéressé à cette histoire, on a redécouvert tout ce qui s’était passé ici pendant près de 50 ans et on s’est dit, est-ce qu’on ne pourrait pas construire ici un projet contemporain de lieux culturels, adapté à la mode du 20e siècle ? Il a fallu apprendre nos métiers, c’est-à-dire transformer une friche en un bâtiment capable de recevoir du public, avec toutes les normes d’accueil, de sécurité, de confort et d’aménagement » raconte Fabrice Martinez.  

La Bellevilloise n’est pas le seul projet porté par l’entreprise, qui a également travaillé sur La Fabuleuse Cantine de La Rochelle et le Dock B de Pantin. « Ce qui nous motive, c’est de créer des lieux, de les designer, de recevoir des publics et de créer des événements d’entreprise, et culturels », telle est la raison d’être affichée par Fabrice Martinez, même si celui-ci reconnaît évidemment l’importance de la rentabilité : « c’est quand même la condition pour pouvoir durer. On n’a pas conçu Cultplace en vue de créer une boîte à profits, […] mais il faut que tout ça trouve un équilibre financier, c’est la condition pour perdurer ».  

De nombreuses demandes de la part des partenaires locaux 

Aujourd’hui, Cultplace fonctionne grâce à un financement au « schéma classique : une part de la banque, une part de fonds propres, une part de partenaire brasseur et puis un peu d’autofinancement ». Celui-ci est facilité par le succès de l’entreprise, duquel résulte désormais l’accompagnement de collectivités locales qui cherchent à s’accorder les services de Cultplace : « les collectivités sont les premières demandeuses de lieux d’activités, de rencontres culturelles et événementielles »

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Ainsi, l’entreprise a récemment pu travailler sur une ancienne gare de la petite ceinture du XIVe, la gare de Poinçon, que des associations de la ville « voulaient sauver ». La ville de Granville, dans le département de la Manche a également choisi Cultplace pour travailler à la reconversion de l’église Saint-Paul, « la ville veut restaurer et transformer son église qui est désaffectée, désacralisée, depuis très longtemps […] on a monté avec eux une étude pour pouvoir transformer ce lieu ».  

François Pares

 

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