Plusieurs épidémies de mpox (auparavant appelée variole du singe) sévissent actuellement en Afrique, après l’apparition d’un nouveau variant. En France, la vigilance est de mise, mais il faut encore renforcer la sensibilisation des soignants pour obtenir un diagnostic plus rapide, a plaidé ce matin sur Radio Classique le spécialiste des maladies infectieuses et tropicales Robert Sebbag.
Le mpox est de la même famille que le virus de la variole et provoque des lésions cutanées. Si la maladie frappe actuellement l’Afrique, il y a eu des épidémies récentes en Europe et notamment en France. « Je l’ai vécu à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière en 2022 » explique l’infectiologue, évoquant « plusieurs milliers de cas en Europe, qu’on a réussi à circonscrire ». Il décrit des malades arrivant avec des pustules, de la fièvre, « des douleurs horribles ».
Comment expliquer qu’on en ait si peu parlé, alors que même Paris a été touchée ? « Il s’agissait de communautés particulières, de travailleurs du sexe. On a demandé [aux patients] un confinement de trois semaines, les personnes contacts et les lieux où ils avaient été ». Ces personnes-contact ont été vaccinées, ce qui a permis de tenir l’épidémie sous contrôle. Il s’agissait la souche 2.
Une létalité importante en Afrique
Mais en Afrique, c’est une nouvelle souche qui est apparue, provoquant « beaucoup de morts », souligne Robert Sebbag. « Cela a été deux épidémies différentes. En Afrique, ce sont surtout les enfants, avec des problèmes nutritionnels, parfois immunodéprimés qui ont été touchés. La létalité a été importante. En France, ce sont des personnes adultes qui ont été touchées ».
A lire aussi
L’infectiologue appelle à être vigilant face à « une contagiosité extrêmement importante », car « les gens voyagent ». Il appelle également à renforcer la communication et la sensibilisation auprès des médecins face des patients arrivant avec des éruptions cutanées à type de pustules avec surinfection, pour poser un diagnostic rapide, les isoler et identifier les personnes-contact.
Béatrice Mouedine
Retrouvez l’actualité du Classique