« Trop c’est trop » : Ibrahim Maalouf, écarté du jury du festival de Deauville, porte plainte

Crédit ; Franck Alleron

Ibrahim Maalouf devait faire partie du jury du festival du film américain de Deauville qui se déroulera du 6 au 15 septembre mais sa nouvelle présidente a décidé de l’en écarter en raison d’un « malaise dans l’équipe » en lien avec la vague #MeToo. Dans un message publié sur Instagram, le trompettiste franco-libanais estime qu’il n’a rien à se reprocher et annonce porter plainte contre la direction du festival.

Dans le journal La Tribune Dimanche, Aude Hesbert, la nouvelle directrice du Festival du cinéma américain de Deauville, a annoncé qu’Ibrahim Maalouf ne faisait plus partie du jury, en raison d’un « malaise dans l’équipe » en lien avec la vague #MeToo, suite à une affaire d’agression sexuelle dont il avait été accusé puis blanchi. « Ce n’est pas à moi de juger, punir ou condamner, mais la présence d’Ibrahim Maalouf devenait de plus en plus problématique pour la bonne tenue, sereine, d’un festival qui fête son 50e anniversaire », déclare-t-elle.

En 2018, accusé d’avoir agressé sexuellement une collégienne mineure en 2013, Ibrahim Maalouf avait en effet été condamné, en première instance, à une peine de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende. Deux ans plus tard, le trompettiste, qui a toujours nié les faits, avait été relaxé par la cour d’appel de Paris. Malgré tout, Aude Hesbert rapporte qu' »à l’annonce de la composition du jury le 8 août dernier, il y a eu beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux et dans les médias, un malaise s’est installé dans l’équipe, déjà meurtrie par l’affaire précédente ».

La directrice du festival fait implicitement référence à une tribune signée par l’Association des Acteurs et Actrices (ADA), publiée dans L’Humanité le 22 août, qui estimait que la présence du musicien parmi le jury du festival de Deauville « témoigne du manque d’exemplarité de l’industrie du cinéma dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ».

« Deauville, rendez-vous devant les tribunaux ! »

Suite à la publication de la décision de l’éviction d’Ibrahim Maalouf du jury du festival, son avocate, Me Fanny Colin, a déclaré que « Le festival de Deauville sacrifie un innocent sur l’autel du principe suprême « the show must go on » pour des intérêts mercantile », ajoutant que « C’est publiquement et devant les tribunaux qu’il combattra cette éviction injuste et déshonorante pour ses auteurs ».

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Dimanche en fin de journée, depuis le Liban où il séjourne actuellement, Ibrahim Maalouf s’est exprimé sur son compte Instagram. Dans ce long message vidéo intitulé « Trop c’est trop », le trompettiste estime que, malgré les décisions de justice qui l’ont innocenté « Certain(e)s se pensent plus légitimes à juger que la justice elle-même ».  Selon lui, un partenaire financier du festival aurait fait pression pour « demander son éviction du jury ».

En conclusion, Ibrahim Maalouf écrit : « Je ne cèderai pas aux intimidations et pressions, je ne me retirerai pas « en toute discrétion » comme on me le demande (…) Deauville, rendez-vous devant les tribunaux ! ».

Philippe Gault (avec AFP)

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