Harcèlement scolaire : L’histoire de famille derrière la création de l’application Lyynk

Capture écran @miel_abtt TikTok

Cette application pour lutter contre le harcèlement scolaire et la dépression des jeunes est déjà un succès. Son cofondateur, Guirchaume Abitbol, un père de famille qui a conçu Lyynk avec sa fille, était l’invité ce 16 octobre de La France de Demain sur Radio Classique.

« C’est l’histoire qu’on a connu avec notre fille ». Guirchaume Abitbol, entrepreneur dans la tech et père de famille, a vécu à travers Miel, sa fille, les affres du harcèlement scolaire. Désormais créatrice de contenus spécialisée dans la santé mentale sur les réseaux sociaux (@miel_abtt sur TikTok – 1,7 Millions d’abonnés), elle a travaillé avec son père pour concevoir l’application qu’elle aurait aimé pouvoir utiliser au moment de ses difficultés. C’est en famille qu’ils ont élaboré Lyynk, en collaboration avec une équipe médicale, composée d’un neuropsychologue, d’un médecin psychiatre et d’une infirmière scolaire, mais également en échangeant avec des jeunes pour mieux répondre à leurs attentes.

Le succès a été immédiat, dès son lancement le 12 septembre dernier, avec 100.000 téléchargements en 24h, le signe d’un vrai besoin de société. Une enquête réalisée en avril par l’Assurance Maladie indique qu’un adolescent sur sept présente de graves risques de dépression, et qu’un quart d’entre eux a eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois. Guirchaume Abitbol y voit plusieurs causes : la phobie scolaire, mais aussi des phénomènes de société, tels que l’éco-anxiété. Il pointe toutefois des statistiques qui ne sont pas toujours fiables : « Les méthodes d’obtention de ces chiffres sont parfois un peu contestables ».

« Les créateurs de contenus ont une responsabilité »

Et quelle place tiennent les réseaux sociaux dans ce contexte ? S’ils font office de « caisse de résonance de ces problèmes […] et peuvent représenter un danger », il insiste aussi sur le bénéfice qu’ils peuvent apporter : « pour apprendre sur énormément de sujets ». Il juge d’ailleurs essentiel le rôle des créateurs de contenus qui ont « une responsabilité vis-à-vis de leur audience ».

L’application Lyynk est composée de deux parties, « une safe-place à destination des jeunes qui va leur permettre de gérer leur calendrier émotionnel, leur humeur, leur fatigue, leur alimentation. C’est également un journal intime, avec le suivi des compteurs de sobriété, et surtout un kit de secours très utilisé en psychiatrie ». Un kit qui développe « une stratégie de gestion de crise avec des numéros d’appel, des personnes de contact, des dossiers coups de cœur, rappelant de belles images, des éléments qui sont positifs dans l’esprit des jeunes, des playlists musicales adaptées à leur état ».

Lyynk vise aussi à favoriser le dialogue avec les parents

L’autre dispositif phare de Lyynk est de rétablir le contact entre enfants et parents, qui, via un abonnement payant, peuvent avoir accès aux contenus autorisés par les jeunes. « L’idée est de créer cette relation de confiance qui va favoriser le retour à une communication fiable et à replacer le parent comme le premier soutien du jeune quand il rencontre des étapes difficiles » résume Guirchaume Abitbol.

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Au-delà d’un simple service dédié aux familles, Lyynk a aussi été pensée pour réduire les frais de santé liés à la dépression des jeunes. « En 2018, on a enregistré 164 milliards de coûts induits par ces problèmes de santé mentale ». Le cofondateur vise désormais les mutuelles, et espère associer ces organismes au succès de son application, afin que celles-ci puissent prendre en charge une partie de l’abonnement parental.

François Pares et Béatrice Mouedine

 

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