Il a récemment publié un essai intitulé L’obsession égalitaire pour démontrer « comment la lutte contre les inégalités produit l’injustice ». Selon le consultant en stratégie Erwan Le Noan, invité de la matinale de Radio Classique ce vendredi, il y a eu « une forme d’inconscient voire de lâcheté politique » qui a mené à la mise en place de politiques égalitaristes en France.
Suite à la publication du rapport PISA indiquant une « baisse historique » du niveau des élèves français en mathématiques, le ministre de l’Education nationale Gabriel Attal a annoncé ce mardi une série de mesures pour redresser les performances du système éducatif français.
Pour Erwan Le Noan, essayiste au journal L’Opinion, cette annonce « s’inscrit en rupture avec ce qui a été fait les années précédentes, pendant lesquelles l’égalité prévalait contre tout ».
Les politiques menées auparavant ont selon lui « mené à une forme de nivellement par le bas ». « Cela n’a pas fonctionné et il était temps de se rendre compte qu’il fallait revaloriser et réformer l’école pour redonner un peu de mobilité à la société ».
Permettre à chacun de participer à la compétition
Selon l’auteur de L’obsession égalitaire, il y a eu une forme « d’inconscient voire de lâcheté politique » qui a mené à la mise en place de politiques égalitaristes en France.
Erwan Le Noan plaide pour la « méritocratie » qu’il considère certes comme « imparfaite » mais comme étant « consubstantielle aux sociétés libérales et démocratiques ».
Cette dernière doit « permettre à chacun, donc en incluant les plus défavorisés, de participer à la compétition » pour monter dans l’échelle sociale.
Aboutir à « une égalité des droits »
Pour le consultant en stratégie, si les « individus participant à la même compétition se disent qu’ils peuvent tous accéder à la même réussite, cela ne doit pas pour autant aboutir à une égalité de fait » entre ces derniers.
Il faut selon Erwan Le Noan se diriger vers « une égalité des droits » des individus, permise par la lutte contre les « discriminations ». Cependant, cela n’implique pas d’uniformiser les individus et de « sanctionner ceux qui sont favorisés ».
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L’invité de David Abiker appelle à une « politique de justice » et non pas « d’égalité qui contient des individus entre des bornes ». Un tel objectif n’est pas une cause perdue : « les Français sont aussi prêts à entendre un discours affirmant qu’il faut lutter contre les injustices ».
Paul Cassedanne
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