Baisse « historique » du niveau en mathématiques : « la question se pose dès le primaire » selon Philippe Dessertine

SYSPEO/SIPA

La France enregistre une baisse « historique » du niveau en mathématiques selon le dernier classement PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) publié ce mardi. L’économiste Philippe Dessertine était l’invité de la matinale de Radio Classique quelques heures avant l’annonce des résultats. Ces derniers sont essentiels car ils permettent selon lui d’évaluer « les forces vives de l’économie dans les années qui viennent ».

Près de 700 000 élèves ont participé au test organisé par l’OCDE, qui axe cette années ses principaux résultats sur les mathématiques. Le précédent rapport PISA qui traitait cette matière avait été publié en décembre 2013. Déjà à l’époque, la France enregistrait un recul du niveau de ses élèves en mathématiques par rapport à 2003.

La baisse est « historique » cette année selon les résultats publiés ce mardi : la moyenne de la France en mathématiques a baissé de 21 points entre 2018 et 2022. Il s’agit de « la plus forte diminution observée depuis la première étude PISA en 2000 » selon l’OCDE.

Cette annonce est lourde d’implications selon l’économiste Philippe Dessertine, dans la mesure où l’éducation reflète les « forces vives de l’économie dans les années qui viennent ». L’enjeu du niveau global en mathématiques est d’autant plus important que cette matière est « à la base de la création de valeur de demain ».

La Chine et l’Inde ont compris que les mathématiques constituaient une « question stratégique »

Le professeur en sciences de gestion constate que le reste du monde est « focalisé sur la problématique des mathématiques et plus largement de l’enseignement ». « Les pays d’Europe du Nord »  travaillent particulièrement sur ces questions.

Pour Philippe Dessertine, le problème ne se pose pas « dans les prépas » où les meilleurs élèves sont concentrés, mais « dès le primaire » : des pays comme la Chine ou l’Inde ont compris qu’il s’agissait d’une « question stratégique », et investissent massivement dans l’éducation dès le plus jeune âge.

Un autre enjeu réside dans la « fuite des cerveaux » et dans l’importance de « garder nos diplômés » en France. « Ensuite, nous devons nous demander si nous avons vocation à aller chercher les cerveaux partout dans le monde ». Cela peut apparaître stratégiquement comme une solution, qui « appauvrit cependant un certain nombre de pays [en développement] ».

A la COP28, un enjeu de « dialogue » entre pays industrialisés et en développement

La question du dialogue entre pays industrialisés et en développement est au cœur des discussions en cours à la COP28, qui s’est ouverte aux Emirats Arabes Unis à Dubaï jeudi dernier.

Philippe Dessertine rappelle que l’Occident a en partie « déréglé le climat global ». Les pays industrialisés sont en même temps les zones de la planète où les conséquences du réchauffement climatiques sont les plus atténuées. L’enjeu de la COP28 est donc de continuer à « discuter avec les pays du Sud global » afin de « bâtir un modèle de développement durable » pour des pays dont l’économie repose en grande partie sur « les énergies fossiles ».

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Le professeur d’économie insiste sur le fait que « 80% de l’énergie mondiale consommée est d’origine fossile » : le défi est « absolument gigantesque » mais le monde n’a pas d’autre choix que de « trouver de nouvelles manières de produire de l’énergie ».

Paul Cassedanne

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