La réflexion s’intensifie au sommet de l’Etat pour bâtir une nouvelle équipe gouvernementale. Et surprise : revoilà qu’Emmanuel Macron songe à ses grognards de 2017 pour relancer son second quinquennat.
Parmi les noms envisagés pour entrer au gouvernement, dans le cas très probable d’un remaniement ces prochains jours, on trouve notamment celui de Richard Ferrand. Il s’agit du fidèle entre les fidèles. Il était présent au lancement de l’aventure Macron en 2016, premier patron d’En marche, ex-président de groupe, et est passé par le perchoir de l’Assemblée nationale.
Il avait ensuite trébuché aux élections législatives de 2022. Depuis, il distille ses conseils dans l’ombre à Emmanuel Macron. Au point, ce 31 décembre, d’assister à l’enregistrement des vœux présidentiels à l’Elysée. Richard Ferrand pourrait très bien aller à Matignon ou au ministère du Travail, à la place d’Olivier Dussopt.
Il y a un autre grognard potentiellement sur le retour : l’ex-ministre de l’Agriculture Julien Denormandie. Un autre disciple du président de la République qui était au cabinet Macron lors de son passage à Bercy en 2014, et qui a cofondé En marche. Il pourrait devenir ministre de l’Economie , voire se retrouver à Matignon, si le président n’opte pas pour Sébastien Lecornu, l’actuel favori, ou Richard Ferrand.
« Des profils qui roulent à 100% pour Emmanuel Macron »
Dans un remaniement, tout peut bouger jusqu’à la dernière minute : il faut donc rester prudent. Mais le fait que ces deux-là fassent partie en ce moment de l’équation est déjà lourd de sens. Cela peut préfigurer un repli sur le noyau dur présidentiel.
« Ce sont des profils qui roulent à 100% pour Macron » témoigne l’un de leurs proches. Autrement dit, ils vont se révéler précieux à un moment où le pouvoir du chef de l’Etat peut s’étioler avec le temps et où la majorité va être absorbée, au fil des mois, par la compétition entre écuries pour 2027.
Le président veut rassurer sa base d’origine
Enfin, l’évocation de tels noms est politiquement essentielle. Il semblait que la loi immigration, avec son centre de gravité à droite, avait clos le cycle du « en même temps », ce fameux logiciel présidentiel : une pincée d’intégration et une pincée d’expulsions. Le concept était séduisant sur le papier, mais totalement inadapté à une Assemblée sans majorité absolue.
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Or, voilà qu’apparaissent les noms des artisans du fameux dépassement de 2017, des élus qui ont fait leurs classes à gauche. Emmanuel Macron semble vouloir rassurer sa base d’origine, encore secouée par le débat sur l’immigration. Il y a des castings qui valent toutes les déclarations de politique générale…
Marcelo Wesfreid
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