PERGOLESE Giovanni Battista – biographie

(1710-1736) Epoque baroque

L’œuvre de Pergolèse tient en six années, avant sa mort prématurée à vingt six ans. Elle se partage entre opéras et musique religieuse. Le Stabat Mater, sa dernière composition, assurera  pour longtemps sa renommée post mortem dans toute l’Europe.

 

Giovanni Battista Pergolèse en 8 dates :

  • 1710 : Naissance à Jesi
  • 1722 : Conservatoire de Naples
  • 1731 : La Conversione de San Guglielmo d’Aquitania (création)
  • 1732 : La Salustia (création), Maître de Chapelle d’un prince de Naples
  • 1733 : La Serva Padrona (création)
  • 1734 : Adriano in Siria (création à Naples) et Messe romaine (création à Rome)
  • 1735 : L’Olimpiade (création à Rome)
  • 1736 : Stabat Mater (composition)
    Mort à Pouzzoles

 

Pergolèse est un pseudonyme choisi en l’honneur de son grand-père

Fils d’un géomètre du nom de Draghi, Giovanni Battista reçoit des cours de violon dans sa ville natale de Jesi, près d’Ancône en Italie, avant d’entrer à douze ans au Conservatoire dei Poveri de Gesu Cristo de Naples. Il y reste neuf ans et bénéficie de l’enseignement de maîtres prestigieux, comme Durante, Vinci, Ferraro et Greco. Il prend le nom de Pergolèse, par référence à la commune de Pergola où vivait son grand-père avant de s’installer à Jesi.

 

Les premières œuvres alternent entre musique religieuse et ouvrage lyrique

Son travail de fin d’étude au conservatoire est un drame sacré, La Conversione de San Guglielmo d’Aquitania, qui lui vaut une reconnaissance immédiate et une première commande d’opéra. Ce sera Salustia, opéra seria créé en janvier 1732 au Teatro San Bartolomeo de Naples. Le livret, adapté de Zeno, raconte l’histoire compliquée de l’épouse de l’empereur romain Alexandre Sévère. Puis après le tremblement de terre qui secoue Naples, il compose une Messe solennelle pour double choeur et un Dixit Dominus.

 

La Serva Padrona, un intermède lyrique qui sera à l’origine de la Querelle des Bouffons

La Serva Padrona est d’abord conçu comme un intermède pour deux chanteurs et un acteur muet, à insérer entre les actes de son opéra seria Il Prigionier superbo. Créé avec succès à Naples en 1733, Pergolèse ne se doute pas que son modeste opéra bouffe déclenchera vingt ans plus tard une querelle esthétique en France. C’est en effet la reprise à Paris en 1752 qui suscitera l’admiration de Rousseau pour la musique italienne. Il s’oppose alors aux défenseurs de la musique française, dont Rameau : c’est la Querelle des Bouffons.

 

Pergolèse reprend des livrets de Métastase et fait chanter ses opéras par le célèbre castrat Caffarelli

Pergolèse répond à une commande officielle de la nouvelle famille régnante à Naples, qui succède en 1734 à l’empereur d’Autriche. Il utilise un livret de Métastase, déjà mis en musique par Caldara, Adriano in Siria. L’opéra est créé sans grand succès, malgré les performances vocales du castrat Caffarelli.

Le livret de L’Olimpiade, là encore signé Métastase, a lui aussi déjà été utilisé notamment par Vivaldi. Pergolèse compose cet opéra seria pour un modeste théâtre de Rome. Si l’accueil en janvier 1735 semble avoir été mitigé, le succès arrivera dans les années qui suivent.  Beaucoup de villes italiennes, et plus largement en Europe, reprendront l’ouvrage.

 

Le Stabat Mater est sa dernière oeuvre avant sa mort

Pergolèse, très malade, se retire dans le monastère de Pouzzoles où vit une communauté de capucins. Début 1736, il y écrit son ultime composition : le Stabat Mater. Ce motet pour deux voix, sur un poème d’un franciscain du XIIIème siècle, exprime la douleur de la mère du Christ devant la crucifixion de son fils. Sans doute s’agit-il d’une commande d’une confrérie religieuse. Pergolèse meurt sans l’avoir entendu. Cette fin tragique n’est pas sans rappeler celle de Mozart à 36 ans, un  demi-siècle plus tard.


Stabat Mater (Anna Netrebko, Marianna Pizzolato, Staatskapelle de Dresde, dir. Bertrand de Billy)

 

Pergolèse bénéficie d’une aura glorieuse après sa mort, proche du mythe

Pergolèse est vite devenu une gloire musicale après sa mort. Son Stabat Mater est souvent repris par d’illustres compositeurs, à commencer par Bach lui-même pour l’une de ses cantates. Mais la légende se construit aussi sur une grande quantité de partitions apocryphes, que les musicologues ont su heureusement déceler.

Ses opéras ont connu un sort moins glorieux, à l’exception de La Serva Padrona qui est resté au répertoire sans discontinuer jusqu’à notre époque. Mais quelques initiatives, notamment de William Christie, ont commencé à ressortir ces ouvrages des limbes depuis les années 1990.

 

Philippe Hussenot  

 

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