Rameau : que savez-vous du compositeur des Indes galantes ?

Vous êtes déjà allés à l’opéra applaudir des œuvres de Rameau. Vous connaissez des pages pour clavecin de ce compositeur baroque. Mais que savez-vous de sa vie ? On vous propose de faire le point sur vos connaissances.

 

Rameau a commencé la musique à 50 ans en autodidacte, après avoir été magistrat.

Faux. Son père est organiste. Il aurait bien fait de son fils un magistrat, mais le petit Jean-Philippe n’est attiré que par la musique. Il s’oriente donc naturellement vers l’instrument paternel dès l’enfance. Il apprend en outre le violon et le clavecin. A 50 ans, il n’a presque rien composé. Nul ne peut imaginer le prodigieux tournant que va prendre sa carrière ! Néanmoins, il est alors reconnu comme un excellent musicien dans les 3 instruments qu’il pratique, et comme un théoricien hors pair. Sur le tard, il se lance alors dans la composition, essentiellement des opéras et des œuvres pour clavecin qui remporteront un énorme succès. Curieusement, aucune œuvre d’orgue de sa main ne semble avoir été éditée.

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Rameau est né à Dijon, mais il est monté à Paris poursuivre sa carrière.

Vrai. Même si on a peu d’informations sur la première moitié de la vie de Rameau, on sait qu’il a un temps obtenu un poste d’organiste à Dijon, où il est né. Il déménage dans diverses villes de province (Avignon, Clermont-Ferrand, Lyon…), toujours pour tenir des orgues. Après un premier passage à Paris en 1706, il s’y fixe finalement en 1722. Il se marie bientôt avec Marie-Louise Mangot, chanteuse et elle-même issue d’une famille de musiciens. Le couple aura 4 enfants. A Paris, Rameau est présenté à un riche mécène, Alexandre Le Riche de La Pouplinière, qui lui confie la direction de son orchestre privé. Le musicien se met à écrire des opéras et acquiert une renommée de plus en plus grande, jusqu’à devenir compositeur officiel de la cour en 1745.

 

Comme Haendel, Rameau opère une synthèse entre le style italien et celui de son pays natal.

Faux. L’Italie est alors un passage obligé pour les peintres et les sculpteurs. Certains musiciens leur emboîtent le pas. Haendel y puisera non seulement de l’inspiration pour ses premiers opéras, mais retournera plusieurs fois de l’autre côté des Alpes pour chercher des chanteurs. Rameau, son aîné de deux ans, séjournera lui aussi en Italie dans sa jeunesse, mais très peu de temps. Si Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) représente en son temps une synthèse entre les styles français et italien, Rameau est en revanche pris dans une querelle qui l’oppose à l’idéal italien de l’époque, fait de légèreté et de virtuosité. C’est la Querelle des Bouffons, en 1752. Les partisans du style français défendent une musique complexe mais très bien organisée, comme une architecture. Leur chef de file est Rameau. Les partisans du style italien réclame des œuvres uniquement axée sur la partie soliste, généralement vocale, avec un accompagnement très simple.

Chaconne de Dardanus (Ensemble Ausonia)

 

Rousseau, Diderot et d’Alembert ont fréquenté Rameau à de nombreuses reprises.

Vrai. Si son génie mélodique est indéniable, Rameau est très attaché à l’harmonie. A la fois théoricien et homme de son temps, il prouve le rapport entre le système harmonique musical et les sciences physiques et mathématiques. Cette préoccupation du rapport à la Nature s’inscrit dans la pensée du Siècles des Lumières. Rameau sera d’ailleurs en relation avec Diderot et d’autres encyclopédistes. Mais si d’Alembert apprécie la musique de Rameau, Rousseau en revanche s’y oppose. Le philosophe se pique d’écrire de la musique, mais ne défend pas les mêmes vues esthétiques. Il n’a au demeurant pas le génie de Rameau, et leur rivalité repose aussi sur la jalousie de Rousseau et le caractère difficile de Rameau.

 

Sixtine de Gournay

 

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