Bedřich Smetana

(1824-1884) Epoque Romantique

Depuis la fin de l’indépendance de la Bohême, en 1621 (désastre de la Montagne Blanche), les meilleurs musiciens s’exilaient dans diverses cours européennes, et même si certains restaient à Prague (Dušek, Ryba ou Tomášek), il fallut attendre les réveils nationaux du romantisme pour l’émergence d’une « Ecole tchèque ».

Son précurseur fut Bedřich Smetana, en particulier lors de la création triomphale en 1866 à Prague de son opéra – pour la première fois en tchèque – Les Brandebourgeois en Bohême. Il allait ensuite composer d’autres ouvrages lyriques attestant de son « tchéquisme » puis, à partir de 1874 en dépit de sa surdité, son admirable cycle de poèmes symphoniques Má Vlast (Ma Patrie), suite de tableaux – dont La Moldau (Vltava) – où le sens de l’histoire est étroitement lié à celui de la nature, et surtout évocation très complète du sentiment national. Ses opéras influenceront Dvořák, lui aussi fasciné par les rythmes et les légendes typiques de sa patrie, et dont l’œuvre tardive est un véritable testament tchèque légué à ses principaux successeurs du XXe siècle (Suk, Novák et Janáček).

Francis Drésel, directeur de la programmation musicale de Radio Classique.