Pollution : le numérique représente 2% des gaz à effet de serre en France

Le Sénat a publié hier un rapport qui évalue officiellement l’empreinte écologique du numérique en France : le secteur représente 2% des émissions de gaz à effet de serre dans le pays, un taux qui pourrait considérablement augmenter dans les années à venir.

 

Le secteur aérien représente 4.7% des émissions de gaz à effet de serre en France

Le numérique, angle mort des politiques environnementales en France. Le secteur a été largement ignoré des stratégies climatiques, dénoncent les sénateurs. Et pourtant le constat dressé est impressionnant. « On pourrait dire que 2%, ce n’est rien », explique Jean-Michel Houllegatte, sénateur de la Manche et rapporteur de cette mission d’information sur l’empreinte environnementale du numérique, « mais on a quand même un objectif de neutralité carbone en 2050. S’il n’y a pas de volonté politique de réduire cet impact numérique, de 2% en valeur relative, il passera à 7%, supérieur au trafic aérien, qui lui est de 4.7% ».

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La source la plus importante de ces émissions est connue, ce sont les terminaux des utilisateurs : les smartphones évidemment, les téléviseurs, les ordinateurs, les tablettes ou encore les consoles de jeux de vidéo. La fabrication de ces terminaux pèse à elle seule 70% de l’empreinte écologique du secteur.

 

5G : Les sénateurs réclament une étude d’impact environnemental « complète et sérieuse »

Il faut 200 kilos de matières premières pour un smartphone, qu’il faut extraire et transformer. Il faut ensuite ajouter l’impact du transport jusqu’en France. La réduction de l’empreinte carbone du secteur doit donc passer avant tout par une limitation des nouveaux terminaux. Les sénateurs proposent la création d’une taxe carbone aux frontières européennes et veulent favoriser la réparation et le réemploi de nos appareils.

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Autres propositions : baisse de la TVA sur les objets reconditionnés, clause de réemploi dans les commandes publiques, renforcement des sanctions pour obsolescence programmée. Les sénateurs préconisent également des campagnes de sensibilisation sur l’impact du numérique et la limitation de l’usage des données par exemple en interdisant les forfaits mobiles avec un accès aux données illimitées. Les sénateurs demandent enfin une étude d’impact environnemental complète et sérieuse sur le déploiement attendu de la 5G en France.

 

Baptiste Gaborit

 

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