Municipales : certains scores « sont des déceptions, notamment à Paris », reconnaît Gilles Le Gendre

Gilles Le Gendre était l’invité de la matinale de Guillaume Durand. Le président du groupe de La République en Marche à l’Assemblée a reconnu « des déceptions » suite aux résultats des municipales, notamment à Paris. Il a regretté « des polémiques inutiles » lancées par l’opposition après la tenue du premier tour dans des conditions compliquées. Il a rejeté pour le moment la fermeture des frontières de la France, l’un des « fantasmes de madame Le Pen ».

 

Agnès Buzyn a « manqué de temps », pour Gilles Le Gendre

« Il y a évidemment des scores qui sont des déceptions, Paris en est une. » Au lendemain du premier tour des élections municipales, Gilles Le Gendre a fait le bilan des résultats enregistrés par La République en Marche, qui présentait pour la première fois des candidats à une élection locale. L’un des premiers échecs concerne Agnès Buzyn, la candidate de LREM à Paris. Arrivée en 3e position dans de très nombreux arrondissements de la capitale, elle est à présent dans l’impossibilité d’être élue maire de Paris, à moins d’une alliance miracle pour le second tour. « D’abord rien n’est définitivement joué dans le schéma d’une quadrangulaire », a nuancé Gilles Le Gendre.

 

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Si LREM a longtemps espéré un rapprochement avec le dissident Cédric Villani, il pourrait ne pas être suffisant puisque l’ex-député marcheur n’a recueilli que 6,7% des voix ; un chiffre loin des prévisions. Après avoir remplacé à la hâte Benjamin Griveaux suite à son retrait, Agnès Buzyn a tenté de mener une campagne éclair. « Il lui a manqué probablement un peu de temps. D’autres combats sont à mener à Paris, celui-là n’est pas terminé », a-t-il affirmé. Le député de Paris a toutefois assuré que le parti présidentiel était parvenu à corriger son manque d’implantation territoriale ; grief qui lui était jusqu’alors régulièrement fait. « Je pourrais argumenter sur le nombre de villes que nous avons gagnées dès le premier tour, celles pour lesquelles nous confirmons un ancrage local que nous visions et qui partait de zéro ».

 

Gilles Le Gendre veut éviter les polémiques « inutiles » et « indécentes« 

Si les scrutins locaux se sont déroulés comme prévu, leur maintien dans le contexte de l’épidémie de coronavirus a posé question et concentré la désapprobation de certains médecins et de nombre de partis d’opposition. « Nous avions parfaitement pris nos responsabilités à partir des recommandations d’un conseil scientifique, s’est défendu Gilles Le Gendre. Il est important que nous conservions cette façon de diriger les événements. Nous ne sommes pas des épidémiologistes ». Le report des municipales avait fait l’objet de discussions au sommet de l’Etat ; débats auxquels avaient été associés les présidents de groupe au Parlement, les chefs de partis ou encore les associations d’élus réunis à 2 reprises par Edouard Philippe en plein cœur de la crise sanitaire.

 

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Europe Ecologie Les Verts regrette depuis publiquement que la majorité ait suivi la position de Les Républicains, qui rejetaient avant le passage au stade 3 tout ajournement des élections. « C’est ce que j’appelle les polémiques inutiles et veillons qu’elles ne deviennent pas indécentes, a taclé Gilles Le Gendre. J’ai assisté aux 2 réunions (autour du Premier ministre) et je n’ai jamais entendu qu’un mouvement se dessinait pour contester le choix du maintien ».

 

L’Unité nationale a éclaté au soir du premier tour

En tout cas, un pareil mouvement prend de l’ampleur concernant le second tour, censé se dérouler dimanche prochain. L’abstention record d’hier – 55,25% à l’échelle nationale – indique que les Français ont choisi pour beaucoup de rester confinés chez eux. Un scénario qui pourrait se répéter. « Pour le second tour, il faut respecter 3 choses. Premièrement, prendre une décision rapide » au sujet de la tenue du scrutin, a expliqué Gilles Le Gendre, sans donner de délai précis. Deuxièmement, cette décision doit être fondée sur des critères scientifiques plus que politiques ».

 

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« Troisièmement, le Premier ministre et nous tous devront avoir à cœur de ne pas casser le climat d’union nationale que nous avions réussi à créer jusqu’à une date récente. Elle est fondamentale pour mobiliser les Français sur le seul enjeu qui est la mobilisation pour élever le degré de protection ». Alors que l’Allemagne rétablit des contrôles poussés à ses frontières pour freiner la propagation du virus sur son territoire, la France n’a pas pour le moment opté pour une mesure similaire.

 

Marine Le Pen ne suivrait qu’un « objectif politicien« 

La majorité présidentielle ne souhaite pas entendre parler d’une fermeture des frontières, synonymes pour elle, comme l’a estimé le secrétaire général de LREM sur Radio Classique vendredi dernier, d’une « gestion nationaliste, rabougrie » de la crise sanitaire. Une attaque, qui vise directement le Rassemblement national, l’un des défenseurs de cette mesure d’autarcie. « Il n’y a pas de sous-évaluation. Dans une crise comme celle-ci, il faut fonctionner par étapes. Il ne sert à rien dès le début de la crise de mettre en place les procédures de protection maximales ».

 

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« En ce qui concerne l’Allemagne, il ne s’agit pas de fermetures de frontières, comme le souhaiterait dans ses fantasmes madame Le Pen. Il s’agit juste de mettre en place des contrôles appropriés », a-t-il rappelé, tout en appelant à éviter « les dogmatismes politique ». « Dans le cas des propositions de madame Le Pen depuis le début, il s’agit d’un objectif exclusivement politicien », a-t-il conclu.

 

Nicolas Gomont

 

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