César remis à R. Polanski : à la place d’Adèle Haenel « je serais aussi sortie », assure Sibeth Ndiaye

Sibeth Ndiaye était l’invitée de la matinale de Guillaume Durand ce mercredi 11 mars. La porte-parole du gouvernement n’a pas rejeté la possibilité d’un confinement général de la France et a envisagé l’idée de dépister le coronavirus dans les laboratoires de ville. Interrogée sur la cérémonie des César, elle qui serait « sortie aussi » de la salle comme Adèle Haenel a cependant jugé qu’on « ne peut pas laisser le tribunal médiatique décider d’une condamnation ou de [l’]innocence » de Roman Polanski.

 

Vers un dépistage du coronavirus dans les laboratoires de ville

« C’est normal qu’il y est un peu de psychose autour du coronavirus ». Sibeth Ndiaye a assuré au micro de Guillaume Durand ce matin faire aussi l’objet d’inquiétudes de la part de son entourage. « Moi, quand j’ai un chat dans la gorge et que je tousse, tout le monde me regarde d’un air soupçonneux, puisque j’ai fréquenté Frank Riester » ; le ministre de la Culture diagnostiqué positif au coronavirus hier. Mais la porte-parole du gouvernement a affirmé que les membres de l’exécutif ne bénéficiaient pas de « mesures sanitaires différentes » du reste des Français.

 

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« Ils ne sont pas testés au coronavirus préventivement ». S’ils ne devraient pas se généraliser au sein du gouvernement, les tests de dépistage pourraient se démocratiser sur tout le territoire. « Il faut regarder sereinement toutes les mesures qui permettraient que dans les laboratoires de ville, on puisse organiser les tests dans de bonnes conditions de sécurité pour les personnels soignants. »

 

Sibeth Ndiaye n’exclut pas le confinement général de la France

L’idée est de décharger les services d’urgences pour que les hôpitaux ne s’occupent plus de « des cas les plus graves », tout en assurant une « utilisation des tests proportionnée ». Sibeth Ndiaye a critiqué, dans le sillage du président de la République hier, la décision de fermer la frontière entre la Slovénie et l’Italie. « Le virus fait fi des frontières. L’Italie a été le premier pays à fermer ses frontières en interdisant les vols en direction et en provenance de la Chine. Résultat, aujourd’hui l’épidémie est plus avancée en Italie qu’en France », a-t-elle lancé, ne rejetant pas pour autant l’idée de suivre nos voisins italiens dans leur choix de confinement général du pays. « Toutes les mesures que l’on prend sont étayées sanitairement. Cela pourrait aller jusqu’au confinement », a-t-elle déclaré, tout en privilégiant une « différenciation territoriale des mesures » selon les avancées locales de l’épidémie.

 

 

Au lendemain d’un second débat télévisé entre les prétendants à la mairie de Paris, Sibeth Ndiaye a réaffirmé la position de la candidate de La République en Marche sur la question d’un possible accord avec sa concurrente Les Républicains contre Anne Hidalgo. « Agnès Buzyn a été très claire, elle n’envisage pas d’alliance avec Rachida Dati ». Mais elle n’a pas exclu la fusion de listes au second tour dans d’autres villes « pour faire triompher [les] idées » de LREM. S’inscrivant dans la stratégie adoptée par son parti depuis le remplacement de Benjamin Griveaux, la porte-parole du gouvernement a tâché de réaffirmer la proximité de Cédric Villani avec son ancien mouvement. « On a toujours considéré que Cédric Villani avait évidemment plus de proximité avec nous qu’avec d’autres. Tous les liens ne sont pas rompus. »

 

A la place d’Adèle Haenel, Sibeth Ndiaye serait « sortie aussi »

Interrogée sur le César attribué à Roman Polanski, la secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre et « militante féministe » a réitéré des propos tenus il y a quelques jours au sujet de l’actrice Adèle Haenel. « J’aurais été dans la même histoire et dans le même parcours qu’elle, je serais sortie aussi. » Pour autant, elle assure qu’on « ne peut pas laisser le tribunal médiatique décider d’une condamnation ou de [l’]innocence » de Roman Polanski. Au fil des jours, des voix en apparence dissonantes se sont faites entendre au sein du gouvernement, rendant opaque la position de l’exécutif sur la question.

 

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La secrétaire d’Etat Marlène Schiappa considère que le cinéma français n’a « pas terminé sa prise de conscience » après cette remise de César, emboîtant le pas au ministre de la Culture Franck Riester, pour qui il constitue « un message négatif ». Edouard Philippe, lui, ne voit de raison de ne pas emmener ses enfants voir J’accuse. « Ce sont des sujets difficiles; on a tendance à simplifier des sujets complexes », a-t-elle confié avant de préciser : « Mon sentiment de militante féministe, au fond c’est que l’on peut récompenser une oeuvre en lui accordant le César du meilleur film. [Avec celui du] meilleur réalisateur, vous récompensez aussi un individu dont on perçoit confusément qu’il n’est pas dans les rails du droit ».

 

Nicolas Gomont

 

 

 

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