Sommet UE – Ergodan : Nicolas Bay dénonce « une invasion de gens qui hurlent Allah Akbar à la frontière »

Nicolas Bay était l’invité de la matinale de Guillaume Durand ce lundi 9 mars. Le député européen du Rassemblement national n’attend rien du sommet UE – Erdogan prévu aujourd’hui sur la question migratoire, dénonçant « une agression et une invasion » après l’arrivée de milliers de migrants à la frontière grecque. Contrairement à Marine Le Pen, il ne réclame pas le passage au stade 3 contre le coronavirus mais veut « réduire les circulations à la frontière » avec l’Italie.

Face à la Turquie, Nicolas Bay réclame une triple riposte

« C’est à la fois une agression et une invasion ». Nicolas Bay a vivement réagi à la décision de Recep Tayyip Erdogan d’encourager plusieurs milliers de migrants, notamment afghans, à forcer la frontière avec l’Europe. « Je rappelle que la Turquie a touché 50 milliards d’euros de l’UE au cours des 20 dernières années, [dont] 6 milliards d’euros en cours de versement pour le contrôle migratoire. » Ce revirement de situation, alors que l’UE avait obtenu de la Turquie un contrôle des populations immigrées en échange de contreparties financières, est survenu après que des troupes turques en Syrie aient été bombardées pas les forces de Bachar El-Assad, soutenues par la Russie. Le président turc réclame depuis le soutien des européens dans cette affaire.

 

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« Le sultan Erdogan veut refaire l’empire Ottoman. Il faut une riposte, économique, diplomatique et politique », a lancé Nicolas Bay. Le député européen veut stopper définitivement le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE ; processus qui serait toujours à l’ordre du jour « parmi les technocrates à Bruxelles » selon lui. Il faudrait aussi à ses yeux « rétablir des relations avec la Syrie et remettre en cause peut-être la position au sein de l’OTAN de la Turquie ». Enfin, pour le volet économique, il aimerait faire pression sur le président turc en mettant dans la balance des négociations l’union douanière qui prévaut avec l’UE depuis les années 1980.

 

Seul Vladimir Poutine « est capable de forcer la main d’Erdogan », pour Nicolas Bay

« Les Grecs font face à une invasion de gens qui hurlent Allah Akbar et qui jettent des cocktails molotov à la frontière », a déclaré Nicolas Bay, qui fustige le manque de solidarité européenne. « Les institutions européennes critiquent la réaction très vive et légitime des grecs. » Il se dit sceptique vis-à-vis du sommet qui se joue aujourd’hui à Bruxelles entre les dirigeants européens et Recep Tayyip Erdogan. « Le seul qui est capable de forcer la main d’Erdogan, c’est Vladimir Poutine. L’UE se caractérise dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, par son impuissance ».

 

 

Egalement interrogé sur l’épidémie de coronavirus en France, Nicolas Bay a contredit Marine Le Pen, qui déclarait en meeting à La Ciotat vendredi que la phase 3 du plan anti-coronavirus « aurait déjà dû être déclenchée ». « On a jamais demandé à passer du stade 2 au stade 3, a rétro-pédalé Nicolas Bay. C’est une décision qui revient plus aux scientifiques, aux médecins, aux spécialistes, même si c’est in fine une décision politique. Ce que l’on a dit depuis le début », c’est qu’il y a « une forme d’impréparation et de réaction plus que d’anticipation. Les décisions du gouvernement ne sont pas mauvaises, mais elles sont souvent prises assez tardivement par rapport à nos voisins européens », s’agissant des vols commerciaux, des rassemblements de grande taille ou encore des réquisitions de stocks de masques.

 

Christophe Casterner « aux abonnés absents », le préfet Didier Lallement dans « une démarche sectaire et haineuse »

« L’un des outils pour limiter la propagation, c’est de réduire les circulations à la frontière », a-t-il affirmé, réclamant des contrôles aux zones limitrophes avec l’Italie. Les mesures de confinement ou d’annulation de rassemblements ont déjà engendré des conséquences néfastes, notamment pour les commerçants. Mais Nicolas Bay a assumé ce matin au micro de Guillaume Durand des « mesures de quelques semaines ou quelques mois maximum […] pour limiter le nombre de morts », reconnaissant que « bien sûr, cela peut avoir un impact » sur l’économie. Autre sujet abordé, le comportement de certains policiers lors de la marche féministe à Paris samedi dernier ; policiers accusés par des manifestants d’avoir usé d’une violence « disproportionnée« .

 

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« S’il y a des violences qui ont été commises, il s’agit d’avoir une enquête. Il faut être intraitable s’il y a eu des comportements inacceptables. » S’il a réaffirmé son soutien aux forces de l’ordre, il ne s’est pas étendu sur la cas de la manifestation du week-end, préférant s’attaquer au ministre de l’Intérieur et au préfet de police de Paris, Didier Lallement. « Sur d’autres sujets, on a eu le sentiment que [Christophe] Castaner était aux abonnés absents ». Quand le préfet « donne l’impression d’être dans une démarche sectaire, haineuse à l’égard des Gilets jaunes et quand le ministre de l’intérieur insultait des manifestations, la conséquence, cela peut être des débordements dans les comportements individuels des policiers ».

 

 

Nicolas Gomont

 

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