Crise migratoire : Mohammed, syrien de 22 ans, abattu par l’armée grecque – la Revue de Presse de David Abiker

La crise migratoire à la frontière gréco-turque fait la Une de vos journaux, ce mercredi 4 mars 2020. Ouest France titre sur les « nouvelles tensions aux portes de l’Europe », l’Humanité « le cauchemar des réfugiés » et le Monde « Les migrants otages du jeu géopolitique ».

 

Migrants : une bataille de communication engagée entre la Turquie et la Grèce

Dans le Figaro il y a cette photo, on ne la connaît que trop bien. Vous l’avez vu cent fois en cas de grande crise internationale ou de catastrophe. C’est la photo du dirigeant politique qui survole en avion militaire une zone de conflit, un théâtre d’opération, une catastrophe humanitaire pour prendre la mesure de la gravité d’une situation. Cette photo page 6 montre le président du conseil Européen, le premier ministre grec, la présidente de la commission européenne, et le président du parlement européen qui observent par le hublot de l’avion la frontière gréco-turque où s’entassent ces milliers de syriens que la Turquie menace de lâcher par millions vers l’Europe.

 

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C’est une bataille de communication qui s’est évidemment engagée entre la Turquie et la Grèce et l’Union Européenne doit montrer qu’elle ne fait pas rien. Alors il y a cette photo et un conseil extraordinaire des ministres européens de l’intérieur qui se tient aujourd’hui à Bruxelles pour valider une aide européenne à la Grèce et des moyens humains et techniques comme des corvettes équipées de caméra thermiques. Et le Figaro pose la question et y répond. Est-ce que cela servira à quelque chose ? Réponse personne ne se fait d’illusion. Même constat d’impuissance chez les éditorialistes

 

 

L’UE paie pour ne pas s’encombrer des migrants, selon Bertrand Meinnel, du Courrier Picard

Dominique Garraud affirme dans la Charente Libre : « L’afflux aux frontières grecques de milliers réfugiés suscite des indignations à la hauteur du cynisme du chantage du Président turc Erdogan voulant troquer le respect de son accord de 2016 avec l’UE contre un soutien actif à sa guerre syrienne. Fait rarissime, l’état-major de l’Union au complet s’est rendu hier en urgence sur place pour y affirmer la « solidarité totale » avec la Grèce, et débloquer 700 millions d’euros pour le renforcement du contrôle ses frontières. Sans un mot sur le sort des migrants pris en étau face à une répression et une hostilité croissantes ». Dans le Courrier Picard Bertrand Meinnel insiste « Depuis 2015, l’Europe paie pour ne pas s’encombrer de ces migrants aux motivations et origines variées, très peu désirés dans nos pays, malgré nos grands principes. » conclusion lapidaire de Patrice Chabanet dans le Journal de Saône et Loire « Le coronavirus n’est pas le seul à faire peser une menace sur l’espèce humaine. Un autre virus, plus cruel, fabriqué par l’Homme, est porteur de danger pour le vivre ensemble. Ses caractéristiques principales : l’indifférence, et la lâcheté. ».

 

Réécoutez l’intégralité de la Revue de presse de David Abiker

 

Et le Parisien-Aujourd’hui en France raconte ce matin les derniers instants de ce jeune syrien de 22 ans abattu par l’armée grecque alors qu’il tentait de passer la frontière.
Il s’appelait Mohamed Al Arab était originaire d’Alep, avait fui la ville martyr il y a 5 ans pour se retrouver en Turquie, à l’extrême-ouest du pays. Dimanche soir il a pris l’un de ces bus que les autorités turques ont affrété pour encourager les migrants syriens à passer la frontière. Dans la nuit avec d’autres, il traverse le fleuve Maritsa pour rejoindre la frontière en traversant des bois. « Il marchait devant moi » raconte Ali, refugié lui aussi, et rencontré sur place. « On s’est vite retrouvé en Grèce ». Mais le groupe est surpris par des militaires, qui tirent d’abord des lacrymo, puis des balles en caoutchouc. Mohamed ne se couche pas, brandit un drapeau blanc et sa pièce d’identité, il prend l’une de ces balles en pleine tête. Il mourra quelques minutes plus tard. Ali a filmé son agonie. Depuis les autorité grecques et turques se rejettent la responsabilité. Quant au corps de Mohamed il a été transféré de la morgue à Istanbul où il doit être autopsié.
Un récit à retrouver dans le Parisien Aujourd’hui en France.

 

David Abiker

 

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